Catégorie : création

  • Publication de Hybrid 13. Vies et vitalités des mèmes (vol. 2)

    Le numéro 13 de la revue Hybrid consacré aux mèmes « Performativités, domestications et résistances mémétiques. Vies et vitalités des mèmes (vol. 2) » que j’ai eu le plaisir de co-diriger est en ligne ! Un grand merci à toustes celleux qui y ont participé.

    Nous avons écrit l’introduction au numéro à plusieurs mains avec Laurence Allard, Fabrizio Defilippi, Lucas Fritz, Adrien Péquignot et Gabriele Stera.

    « Opérateurs de multiples allers-retours entre espaces connectés et non connectés, les mèmes peuvent devenir un puissant vecteur idéologique qui polarise et politise. Vecteurs de significations sociales partagées (Defilippi & Fritz, 2022), ils font émerger des communautés (précaires et provisoires) qui peuvent se construire « en négatif », contre des cibles précises (catégories, idées et visions du monde indésirables). La lutte entre gnomes et chevaliers met en scène un désir individuel et collectif de « prendre position », contrequelque chose avant tout, suivant des tendances sociales plus affectives que raisonnées : dynamique qui caractérise une bonne partie de la production mémétique contemporaine. »

    « Reprenant l’opposition entre in vivo et in vitro, ce numéro vise à éclairer l’entremêlement du scientifique et de l’industrie à la lumière des tensions historiques aux durées multiples, du spectre des guerres comme celui des « souffrances de l’Histoire » (Haraway, 2020), des rapports d’exploitation et de domination des non-humains, mais aussi de la corporéité et de la biologie humaine. Il offre également l’occasion de réfléchir à la place du langage scientifique et de sa rationalité dans l’altération de l’écosystème mémétique – et, in fine, d’explorer la question de l’auto-modification collective des corps des chercheurs et chercheuses par le prisme de ces jeux mémétiques (pas si innocents) et de leurs dispositifs de production, qu’il s’agisse de conversations WhatsApp ou de dialogues muséaux. »

  • Publication de Hybrid 12. Vies et vitalités des mèmes (vol. 1)

    Le numéro 12 de la revue Hybrid consacré aux mèmes « Naissance et renaissance des mèmes. Vies et vitalités des mèmes (vol. 1) » que j’ai eu le plaisir de co-diriger est en ligne ! Un grand merci à toustes celleux qui y ont participé.

    Nous avons écrit l’introduction au numéro à plusieurs mains avec Laurence Allard, Fabrizio Defilippi, Lucas Fritz, Adrien Péquignot et Gabriele Stera.

    « La question de la « vie » des mèmes anime ce numéro 12 d’Hybrid, intitulé Vies et vitalités des mèmes (vol. 1) : Naissance et renaissance des mèmes, ainsi que le numéro 13 – à paraître en avril 2025. Ces deux dossiers s’inscrivent dans la continuité d’une réflexion collective commencée avec la journée d’étude « No(u)s mèmes » qui s’est tenue le 14 octobre 2022 au CNAM de Paris. Dans ces deux numéros, nous souhaitons interroger les « vies multiples » des mèmes, en nous intéressant en particulier aux manières créatives et inattendues dont les mèmes prennent vie dans nos espaces quotidiens.

    Comme l’a souligné Wagener (2022), les mèmes ont une dimension postdigitale, ils créent des courts-circuits entre réalité et fiction, entre vies vécues « pour de vrai » et vies fantasmées. Comme dans le cas du Doge et des backrooms, les mèmes peuvent vivre une vie indépendante des personnages ou des situations qui les ont générés. En occupant notre attention et nos espaces quotidiens, en ligne et hors ligne, ils finissent par nous « hanter », et ce d’une telle manière que nous en subissons non seulement le charme, mais aussi, peut-être, les effets indésirables (comme la captation de notre attention ou la propagation de contenus haineux et politiquement problématiques). Interroger les mèmes du point de vue de leur vie offre, ainsi, un large éventail de perspectives théoriques à la réflexion info-communicationnelle autour de cet objet, au-delà d’une approche immanentiste qui serait pensée uniquement comme une combinaison de texte(s) et image(s). »

  • Projet de recherche « No(u)s mèmes »

    « No(u)s mèmes » est un projet de recherche initié en 2022 et actif aujourd’hui. Il naît dans le contexte de l’organisation d’une journée d’études « No(u)s mèmes » qui a eu lieu le 14 octobre 2022 au CNAM à Paris. Cette journée d’étude, organisée avec le soutien de l’EUR ArTeC, aborde les mèmes en tant que nouvelles formes d’écriture du « soi » et du « nous ». Étudier « nos » mèmes signifierait, alors, comprendre quelque chose de « nous-mêmes », de nos pratiques, en ligne et hors ligne, de nos imaginaires et de nos liens cognitivo-affectifs, entre expression intime et renouvellement de l’« horizon de sens » collectif. La co-direction des numéros #11 et #12 de la revue Hybrid avec Laurence Allard intitulés « Vies et vitalités des mèmes » s’inscrit dans la continuité des thématiques développées lors de la journée d’étude. Le projet comprend également des missions ponctuelles de médiation scientifique telles que l’organisation d’ateliers invitant à la réflexion autour des mèmes lors de la Fête de la Science 2023 à l’Université Paris Nanterre en collaboration avec des artistes. Il ouvre également à des modalités pédagogiques innovantes autour de l’objet-mème.

    Porteures du projet

    • Fabrizio Defilippi, docteur (Dicen-IdF, EA 7339)
    • Irene De Togni, docteure (Dicen-IdF, EA 7339)
    • Lucas Fritz, doctorant (Dicen-IdF – ED 138 / Iris – EHESS)
    • Adrien Péquignot, doctorant (EUR ArTeC / Cemti – EA 3388)
    • Gabriele Stera, doctorant (EUR ArTeC / FabLitt – EA 7322 LHE)

    Présentation du projet

    Bien que le terme de « même » soit employé depuis les années 70 pour désigner un « élément culturel se propageant de façon interindividuelle par copie ou imitation (Dawkins, 1972), le mème se distingue d’autres contenus numériques par sa forme (souvent des images, animées ou non, associées à un texte court), ses lieux d’émergence (les réseaux sociaux numériques) et son mode de diffusion (les utilisateur.ices de ces réseaux). Entre divertissement et politique, la prolifération de mèmes brouille progressivement les frontières entre cultures underground et mainstream, en constituant un phénomène social et communicationnel important.

    Au niveau académique, le mème fait désormais l’objet d’une réflexion interdisciplinaire, au carrefour entre les sciences de l’information et la communication, l’art et la philosophie. Notre groupe souhaiterait développer une réflexion sur ce phénomène à travers une approche capable de saisir ses différentes facettes communicationnelles, esthétiques, socio-techniques et politiques. Ainsi, nous voudrions décrire et comprendre les tendances et les dynamiques liées à la création, diffusion et évolution des mèmes, mais aussi en saisir le potentiel artistique et politique :

    1- Nous abordons les mèmes en tant que nouvelles formes d’écriture du soi et du « nous », en faisant l’hypothèse qu’ils sont à la fois un point de convergence de tendances sociales et un outil d’expression intime, un moyen de renouvellement de l’horizon de sens collectif mais aussi une « arme » de radicalisation politique (Wu Ming 1, 2021). En tant que vecteurs de significations sociales, les mèmes peuvent contribuer à l’émergence de communautés en ligne, jouant un rôle dans les luttes politiques et dans la construction identitaire de groupes hétérogènes. De quelle manière les mèmes participent-ils à la création d’un imaginaire social partagé ? Comment la critique des dynamiques de pouvoir peut-elle évoluer à travers la production mémétique ? Comment la communication par les mèmes peut-elle donner vie à de nouvelles formes d’interaction sociale et politique?

    2- Nous nous approchons au phénomène mémétique par sa dimension créative, en proposant de concevoir les mèmes comme un medium qui rend possibles de nouvelles formes de recherche collective. Nous voudrions mettre en place notamment de dispositifs qui permettent de « performer » le même comme un outil d’expression artistique (Tanni, 2020), en utilisant le statut pluriel du mème, qui est à la fois un objet culturel à part entière, une icône de la culture Internet ou encore un symbole de certaines fonctions communicationnelles à l’ère du numérique (comme l’émotion liée à la fatigue d’être soi, à l’isolement social ou à la solidarité politique). Si le mème existe seulement dans et par sa diffusion, au-delà de toute prétention de « privatisation », comment faire fructifier son potentiel créatif ? Qu’est-ce que le mème nous permet de voir de nous-mêmes et de notre société ? Quel rapport existe-t-il entre l’art et la production mémétique ?

    Quels sont donc nos mèmes et qu’est-ce qu’ils nous font ? Comment leur présence constante traverse notre quotidienneté, en influençant également nos questions de recherche académiques ? Ces quelques réflexions constituent le point de départ pour le travail de notre groupe interdisciplinaire et s’inscrivent dans les trois axes de recherche de l’EUR ArTeC, dans la mesure où les mèmes représentent une nouvelle façon d’écrire et publier, questionnent les liens entre recherche et création, et constituent une médiation technologique de plus en plus importante.

    Références bibliographiques

    • Hobson, H., Modi, K. (2019), Socialist Imaginaries and Queer Futures: Memes as Sites of Collective Imagining, in Post Memes. Seizing the Memes of Production, Punctum Books, pp. 327-352.
    • Gal, N., Shifman, L., & Kampf, Z. (2016), “It Gets Better”: Internet memes and the construction of collective identity, New Media & Society, 18(8), pp. 1698–1714.
    • Kaplan, F., Nova, N. (2016), La culture Internet des mèmes, Lausanne, Presses polytechniques et universitaires romandes.
    • Shifman, L. (2014), Memes in digital culture, Cambridge, MIT Press.
    • Tanni, V. (2020), Memestetica. Il settembre eterno dell’arte, Roma, Nero Editions.

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