Catégorie : projet

  • Demi-journée de présentation de la SNBC3, DGEC

    Le 26 mars 2026, dans le cadre de l’événement sur la Stratégie Nationale Bas Carbone – SNBC3 organisé par la Direction générale de l’Énergie et du Climat – DGEC à l’École Nationale des Ponts et Chaussées, je présente le poster scientifique « Rendre visible la sobriété pour inviter à y participer ». 

    Le poster illustre les recherches menées au cours de ma recherche post-doctorale pour le projet ADEME « SOBREPOL – Politiques de la sobriété énergétique » en collaboration avec Claire Le Renard. La recherche se concentre sur le changement de la norme sociale guidant les pratiques énergétiques au cours de la crise énergétique de 2022-2023 et notamment sur le rôle du dispositif politique (« Le plan de sobriété énergétique ») et info-communicationnel (la campagne de communication publique « Chaque geste compte »). Ces dispositifs sont notamment analysées à partir des approches de la participation matérielle, de la sociologie des problèmes publics, de la théorie des pratiques et en prenant en compte des processus de médiatisation divers.

    La question de recherche : « comment faire changer une norme sociale ? ». Le poster décline nos résultats provisoires selon 4 axes : 

    • faire attention : une valorisation de la modération de la consommation, qui réactive une norme sociale préexistante ;
    • la prise de conscience : métabolismes et impacts environnementaux vus par les classes intellectuelles ;
    • inviter à participer : une activation dépolitisée de la participation citoyenne ;
    • communiquer l’exemplarité : déplacer la norme vestimentaire et de présentation de soi par une stratégie d’invitation à l’émulation.

    Support de la présentation

  • Publication de Hybrid 13. Vies et vitalités des mèmes (vol. 2)

    Le numéro 13 de la revue Hybrid consacré aux mèmes « Performativités, domestications et résistances mémétiques. Vies et vitalités des mèmes (vol. 2) » que j’ai eu le plaisir de co-diriger est en ligne ! Un grand merci à toustes celleux qui y ont participé.

    Nous avons écrit l’introduction au numéro à plusieurs mains avec Laurence Allard, Fabrizio Defilippi, Lucas Fritz, Adrien Péquignot et Gabriele Stera.

    « Opérateurs de multiples allers-retours entre espaces connectés et non connectés, les mèmes peuvent devenir un puissant vecteur idéologique qui polarise et politise. Vecteurs de significations sociales partagées (Defilippi & Fritz, 2022), ils font émerger des communautés (précaires et provisoires) qui peuvent se construire « en négatif », contre des cibles précises (catégories, idées et visions du monde indésirables). La lutte entre gnomes et chevaliers met en scène un désir individuel et collectif de « prendre position », contrequelque chose avant tout, suivant des tendances sociales plus affectives que raisonnées : dynamique qui caractérise une bonne partie de la production mémétique contemporaine. »

    « Reprenant l’opposition entre in vivo et in vitro, ce numéro vise à éclairer l’entremêlement du scientifique et de l’industrie à la lumière des tensions historiques aux durées multiples, du spectre des guerres comme celui des « souffrances de l’Histoire » (Haraway, 2020), des rapports d’exploitation et de domination des non-humains, mais aussi de la corporéité et de la biologie humaine. Il offre également l’occasion de réfléchir à la place du langage scientifique et de sa rationalité dans l’altération de l’écosystème mémétique – et, in fine, d’explorer la question de l’auto-modification collective des corps des chercheurs et chercheuses par le prisme de ces jeux mémétiques (pas si innocents) et de leurs dispositifs de production, qu’il s’agisse de conversations WhatsApp ou de dialogues muséaux. »

  • Publication de Hybrid 12. Vies et vitalités des mèmes (vol. 1)

    Le numéro 12 de la revue Hybrid consacré aux mèmes « Naissance et renaissance des mèmes. Vies et vitalités des mèmes (vol. 1) » que j’ai eu le plaisir de co-diriger est en ligne ! Un grand merci à toustes celleux qui y ont participé.

    Nous avons écrit l’introduction au numéro à plusieurs mains avec Laurence Allard, Fabrizio Defilippi, Lucas Fritz, Adrien Péquignot et Gabriele Stera.

    « La question de la « vie » des mèmes anime ce numéro 12 d’Hybrid, intitulé Vies et vitalités des mèmes (vol. 1) : Naissance et renaissance des mèmes, ainsi que le numéro 13 – à paraître en avril 2025. Ces deux dossiers s’inscrivent dans la continuité d’une réflexion collective commencée avec la journée d’étude « No(u)s mèmes » qui s’est tenue le 14 octobre 2022 au CNAM de Paris. Dans ces deux numéros, nous souhaitons interroger les « vies multiples » des mèmes, en nous intéressant en particulier aux manières créatives et inattendues dont les mèmes prennent vie dans nos espaces quotidiens.

    Comme l’a souligné Wagener (2022), les mèmes ont une dimension postdigitale, ils créent des courts-circuits entre réalité et fiction, entre vies vécues « pour de vrai » et vies fantasmées. Comme dans le cas du Doge et des backrooms, les mèmes peuvent vivre une vie indépendante des personnages ou des situations qui les ont générés. En occupant notre attention et nos espaces quotidiens, en ligne et hors ligne, ils finissent par nous « hanter », et ce d’une telle manière que nous en subissons non seulement le charme, mais aussi, peut-être, les effets indésirables (comme la captation de notre attention ou la propagation de contenus haineux et politiquement problématiques). Interroger les mèmes du point de vue de leur vie offre, ainsi, un large éventail de perspectives théoriques à la réflexion info-communicationnelle autour de cet objet, au-delà d’une approche immanentiste qui serait pensée uniquement comme une combinaison de texte(s) et image(s). »

  • Animation d’un atelier de création mèmetique

    L’expérience d’enseignement à l’Urfist de l’Université de Strasbourg a été, entre autres, l’occasion pour expérimenter de nouveaux formats pédagogiques avec de publics de doctorants et de professionnels de la recherche.

    L’atelier de création numérique « Utiliser les mèmes pour communiquer sur sa recherche » que j’ai eu le plaisir de réaliser dans le cadre de la semaine numérique des Urfist, #SNDU2024, a notamment été un moment de réflexion collective sur les nouveaux outils numériques de production et de communication de la recherche. Organisée intégralement en ligne du 18 au 22 mars 2024 par le Réseau Urfist, l’événement invite les chercheurs à découvrir ou compléter leurs connaissances sur différents ou pratiques actuelles de la recherche.

    Objectifs de la formation

    Avec l’essor des réseaux sociaux numériques, nous assistons depuis plusieurs années à la prolifération de « mèmes », formes à vocation humoristiques constituées d’images fixes ou animées, et souvent associées à un texte court. Entre divertissement, politique et critique sociale, les mèmes permettent de véhiculer des messages parfois complexes, en créant, par le biais de l’ironie, des liens entre les usagers.

    En milieu académique, bien que le terme soit employé depuis les années 1970 pour désigner un « élément culturel se propageant de façon interindividuelle par copie ou imitation » (Dawkins, 1972), le mème fait désormais l’objet d’une réflexion interdisciplinaire, au carrefour entre les sciences de l’information et la communication, l’art et la sémiotique. Le même est désormais un objet médiatique omniprésent en milieu numérique et en dehors et peut devenir un puissant outil de médiation et de vulgarisation du travail du chercheur.

    Programme de la formation

    Alternant un moment d’exposé et un autre d’atelier pratique, la formation débute avec la présentation du projet de recherche « No(u)s mèmes » portant sur la vie et la vitalité des mèmes en milieu numérique et en dehors.

    Elle se poursuit avec un atelier de création numérique (présentation de écosystèmes, sources, templates, logiciels et pratiques de création). Présentation des logiciels en accès libre sur le web, des pratiques d’usage détourné des logiciels, des usages du portable avec un retour sur des pratiques de création des mèmeurs. L’atelier prévoit une mise en situation en contexte numérique (i. e. médias sociaux) et un échange de productions.

    Support de la formation

  • AAA – Vies et vitalités des mèmes en milieu socio-numérique

    Je transcris ici l’appel à contribution pour la revue Hybrid#12 « No(u)s mèmes – Vies et vitalités des mèmes en milieu socio-numérique » réalisé dans le cadre du projet de recherche « No(u)s mèmes ».

    Hybrid

    Hybrid est une revue bilingue (FR/EN) portée par l’École Universitaire de Recherche ArTeC et publiée en ligne par les Presses Universitaires de Vincennes sur OpenEdition en open access.

    Dédiée aux arts et médiations humaines, la revue Hybrid s’inscrit dans le vaste champ de réflexion des humanités numériques et développe une ligne éditoriale qui s’attache plus particulièrement à articuler étroitement les arts et médiations humaines à l’ère numérique.

    Elle est dotée d’un comité de rédaction, d’un comité scientifique et d’un comité de lecture international. Les contributions théoriques et artistiques sont évaluées en double aveugle par un évaluateur externe et un interne.

    Éditorial Hybrid#12

    Avec l’essor des réseaux sociaux numériques, nous assistons depuis plusieurs années à la prolifération de mèmes, formes à vocation humoristique constituées d’images fixes ou animées, et souvent associées à un texte court. Entre divertissement, politique et critique sociale, les mèmes permettent de véhiculer des messages parfois complexes, en créant, par le biais de l’ironie, des liens entre les usagers. Souvent pris dans des logiques de viralité, les mèmes vivent des transformations multiples et inattendues au cours du temps.

    En milieu académique, bien que le terme soit employé depuis les années 1970 pour désigner un « élément culturel se propageant de façon interindividuelle par copie ou imitation » (Dawkins, 1972), le mème fait désormais l’objet d’une réflexion interdisciplinaire, au carrefour des sciences de l’information et la communication, de l’art et de la sémiotique. Certaines publications francophones ont notamment exploré le lien entre les mèmes et d’autres formes humoristiques, comme la parodie (Jost, 2022), tout en proposant des approches méthodologiques adaptables aux différents contextes (Wagener, 2022). D’autres ouvrages ont abordé la thématique en s’intéressant à ce que les mèmes « nous font », en soulignant la dimension identitaire, sociale et affective du phénomène (Bédard & Girard, 2021).

    Afin de poursuivre la dynamique lancée lors de la journée d’étude « No(u)s mèmes » qui a eu lieu le 14 octobre 2022 au CNAM à Paris, nous souhaitons, dans ce numéro de la revue Hybrid, aborder les mèmes en tant que nouvelles formes d’écriture du « soi » et du « nous » : étudier « nos » mèmes signifie alors comprendre quelque chose de « nous-mêmes », de nos pratiques, en ligne et hors ligne, de nos imaginaires et de nos liens cognitivo-affectifs, entre expression intime et renouvellement de l’« horizon de sens » collectif.

    Contributions

    Les contributions pour ce numéro pourront aborder le phénomène mémétique à la fois en proposant des définitions capables de décrire ses différentes facettes tout en essayant d’explorer le potentiel critique, artistique et fédérateur des mèmes. Quels sont « nos » mèmes et qu’est-ce qu’ils nous font ? Comment leur présence constante traverse-t-elle notre quotidienneté ? Quelle est la « vie » des mèmes et comment finissent-ils par « prendre vie » au-delà des plateformes numériques ?

    Nous proposons de réfléchir à ces questions en suivant deux axes complémentaires, qui constitueront, selon les propositions reçues, deux axes du numéro 12 d’Hybrid.

    Axe 1. La « vie » des mèmes : écosystèmes, dispositifs et dynamiques de créations

    Qu’est-ce qu’un mème ? Dans quelle histoire des formes s’inscrit-il ? Quelles différences ou porosités existent entre le mème et certains genres comme la parodie ou la satire ? Quel(s) rôle(s) ont les plateformes numériques dans la prolifération de mèmes ? Qui sont les acteurs et actrices qui créent des mèmes, pourquoi et comment en fabriquent-iels, et dans quelles économies ? Comment les mèmes contribuent-ils à l’émergence, au maintien de liens et de communautés en ligne ou à leurs déliaisons et reconfigurations ? Comment étudier ces communautés ? Quel est le rôle des plateformes dans les dynamiques de création, de circulation et d’appropriation des mèmes ? Comment les différents dispositifs ainsi que les dynamiques collectives ont-ils une influence sur leur production ?

    Les contributions s’inscrivant dans le premier axe se développeront autour d’un effort de compréhension et définition de la « vie des mèmes ». Il s’agira de s’interroger sur les écosystèmes, les dispositifs et les dynamiques de création des mèmes, en prenant en considération les travaux déjà publiés en langue française et à l’international.

    Une approche généalogique du phénomène mémétique situant les continuités et ruptures avec d’autres formes de création antérieures, comme Lev Manovich a pu le faire avec les « nouveaux médias » (Manovich, 2015), sera particulièrement appréciée. Celle-ci permettra, en outre, de l’inscrire dans une histoire plus longue, pré-numérique et extra-numérique, des formats et des cadres d’échange entre communautés, des pratiques artistiques (Tanni, 2020), des relations entre textes et images. Une telle posture donnera la possibilité d’interroger autrement la nature du mème et ses perspectives évolutives.

    Les propositions d’articles pourront, notamment, interroger la « vie » des mèmes dans leur écologie (Szendy, 2022), en l’articulant avec la matérialité des plateformes et des dispositifs ainsi que leurs économies, par exemple avec des approches comparatives. Comme on a pu le montrer, les mèmes sont de véritables « enfants du Web 2.0 » (Wagener, 2022). L’écosystème des réseaux sociaux, des applications de messagerie et des sites et forums (comme 4chan et 9gag) a favorisé l’implication dans les processus « mémétiques », en invitant l’usager à devenir lui-même un créateur à partir de son vécu quotidien. Cette hyper-narrativité (Wagener, 2022), cette polyphonie du Web répondent en écho à un écosystème paradoxal : à la fois extracteur de ressources minières (Allard, Monnin & Nova, 2022) et instrument qui encourage la participation des contre-publics (Moten & Harney, 2022 ; Shifman, 2014) au sein de l’économie du digital labour (Scholz, 2013). Par ailleurs, le Web 3.0 semble promettre de nouvelles configurations socio-économiques basées sur les liens émergents entre mèmes, blockchains, crypto- monnaies et NFT.

    Il s’agira alors d’interroger le rôle incontournable des créateurs et des créatrices de mèmes sur les différentes plateformes, qu’il s’agisse de communautés comme les « neurchis », de blogs ou de profils personnels. Des approches empiriques, qui s’intéressent à la production matérielle et aux « gestes » de création des mèmes, seront particulièrement appréciées. En effet, diverses approches dans les domaines de l’anthropologie et des sciences de l’information et de la communication analysent les activités de lecture et d’écriture numériques en questionnant les postures et les gestes engagés par les corps dans leur relation à l’outillage numérique, comme le smartphone (Souchier et al., 2019 ; Garmon, 2018). Il sera alors question d’analyser la façon dont le travail des mèmes interroge la relation entre gestes créateurs (couper/découper, copier/coller, sélectionner/designer, détourer, etc.) et supports de création (papier/écran/corps, etc.) dans leur dimension de trivialité (Jeanneret, 2014), de répétition, de récurrence (Flusser, 1999).

    Axe 2. Mèmes « vivants » : corps et performances mémétiques

    Qu’est-ce que les mèmes font à la vie quotidienne et à la formation de l’identité individuelle et collective ? Comment la réalité devient-elle « mémifiable » ? Les corps peuvent-ils devenir des supports d’éléments mémétiques ? Quelle est la place du corps et de ses état-limites – l’ennui, l’angoisse ou encore la colère – dans le phénomène mémétique ? Comment les mèmes prennent-ils vie et circulent-ils au-delà des frontières du numérique ? Que peuvent nous dire les pratiques artistiques sur la circulation matérielle des mèmes ?

    Le second axe se concentrera sur les manières dans lesquelles les mèmes « prennent vie ». Cet axe pourra privilégier des propositions portant sur les mèmes « animés », par exemple ces mèmes qui impliquent des composantes audio-visuelles ou une dimension icono-textuelle non-statique. Si certaines études ont approfondi le rapport entre mèmes et gifs (Wagener, 2022), d’autres éléments, sonores ou vocaux, deviennent aujourd’hui fondamentaux dans le processus mémétique.

    Certains réseaux sociaux numériques, comme TikTok et Instagram, favorisent notamment la répétition de gestes et mouvements précis, mais aussi de phrases, slogans et sons (Allard, 2021). D’autres « défis » encouragent les usagers et usagères à s’approprier des éléments et formes populaires, en les invitant à produire des performances originales et personnelles. Ainsi, le périmètre des mèmes semble s’élargir, les mèmes deviennent des mèmes « vivants », dans lesquels la performance et l’action sont centrales. L’élément mémétique finit par s’« incarner » dans des corps qui en deviennent le support provisoire. Il s’agira donc de questionner la pertinence du cadre « sujet/objet » dans l’appréciation des mèmes et d’observer chez eux la dimension d’« objets glissants », d’« objet-frontières » (Star, 2010), voire d’« hyper-objets » (Morton, 2018). Cet axe pourra aussi explorer les différentes stratégies mises en place dans des contextes différents pour s’approprier les mèmes et leur donner vie, tant au sein de performances artistiques que dans des contextes pédagogiques.

    D’autre part, les propositions d’articles s’inscrivant dans cet axe pourront aussi aborder la manière dans laquelle les mèmes prennent vie au-delà des frontières du numérique. En tant qu’objets « post- digitaux » (Wagener, 2022), les mèmes peuvent brouiller les frontières entre vie en ligne et hors-ligne. Toute situation de la vie quotidienne devient « mèmifiable » et le vécu personnel tend parfois à être interprété à partir des schèmes et formes d’ironie les plus populaires dans le panorama mémétique. Entre captation de l’attention (Citton, 2014) et capacité à faire circuler des émotions ou idées latentes et renvoyant à un imaginaire social commun, les mèmes ont un impact sur nos vies quotidiennes et rendent possibles de nouvelles formes de communication (inter)personnelles. Les mèmes se configurent ainsi comme des objets transfrontaliers et véhiculent une trivialité intermédiatique. Circulant entre numérique, imprimé (livres, affiches, panneaux, etc.) et vivant, ils se « texturisent » (Aiello, 2022) et s’inscrivent dans nos paysages urbains et sociaux. Les approches issues des arts (visuels, vivants, sonores) et s’intéressant à cette dimension d’incarnation « post-digitale » des mèmes dans la vie ordinaire et à son esthétique seront appréciées.

    Par ailleurs, les mèmes ont une certaine emprise sur nos propres corps et identités, ils peuvent nous transformer. Des personnes et personnages en chair et os peuvent devenir inconsciemment des mèmes « vivants », en subissant un processus de « mémification » parfois drolatique, et parfois problématique. En ce sens, les contributions à cet axe pourront également questionner les effets des mèmes sur nos corps et sur notre quotidien dans une optique de circulation « transmediale » des informations, en deçà et « au-delà » du numérique, comme faire émerger des figures de résonance (Rosa, 2018) qui se fabriquent et s’établissent entre gestes techniques et mémétique sociale. En observant les gestuelles socio-techniques qui se dégagent de l’univers des mèmes dans des pratiques automédiales, il sera possible d’interroger les états-limites de nos corps couplés aux dispositifs technologiques du contemporain, comme l’angoisse, l’ennui, la fatigue, la colère ou la rage.

    Modalités de soumission des contributions

    Formats

    Quatre formats d’intervention seront pris en considération :

    • articles académiques (30 000 signes max chacun)
    • entretiens et échanges avec des « memers » ou avec les acteurs du monde mémétique (10 000signes max chacun)
    • travaux de recherche-création présentant des œuvres, des comptes-rendus d’atelier ou desprojets de création (une vidéo et/ou des images et/ou 10 000 signes max chacun)
    • notes de lecture (10 000 signes max chacune)

    Propositions

    Les propositions d’articles se composent de :

    • au maximum 5 000 signes ;
    • un titre ;
    • une présentation de l’article, énonçant clairement la question traitée et la problématique suivie, ainsi que les méthodes utilisées ;
    • si possible, une brève indication des résultats et conclusions ;
    • les nom, prénom(s), statut, rattachement institutionnel et courriel de l’auteur·rice.

    Hybrid est une revue bilingue (français-anglais) ; ArTeC prendra en charge la traduction de chacun des articles acceptés pour la publication (du français vers l’anglais ou vice-versa). La revue sera publiée sur OpenEdition Journals en par les Presses de Vincennes.

    Calendrier

    • Date limite d’envoi des propositions d’articles à nousmemers@gmail.com : 8 novembre 2023
    • Notification d’acceptation sous couvert d’acceptation par la revue : 30 novembre 2023
    • Date limite d’envoi des articles : février 2024

    Références bibliographiques

    AIELLO, Giorgia. (2022). Communication, Espace, Image. ArTeC, Les presses du réel.

    ALLARD, Laurence. (2010). Mythologie du portable. Le Cavalier Bleu. https://doi.org/10.3917/lcb.allar.2010.01

    ALLARD, Laurence (2017). « Partages créatifs : stylisation de soi et appsperimentation artistique », Communication & langages, 4(194).

    ALLARD, Laurence. (2021). « D’une boucle l’autre, TikTok et l’algo-ritournelle : performer entre rage et ennui en temps de pandémie », Quand le téléphone connecté se fait des films, Laboratoire LLSETI de l’Université Savoie Mont Blanc et Ecole Supérieure d’Art et de Design des Pyrénées :www.researchgate.net/publication/356388570_D’une_boucle_l’autre_TikTok_et_l’algo-ritournelle_performer_entre_rage_et_ennui_en_temps_de_pandemie

    ALLARD, Laurence, MONNIN, Alexandre, NOVA, Nicolas. (2022). Écologies du smartphone. Le bord de l’eau.

    ARKENBOUT, Chloë, WILSON, Jack, DE ZEEUW, Daniel. (2021). Critical Meme Reader: Global Mutations of the Viral Image. Institute of Network Cultures.

    BÉDARD, Megan, GIRARD, Stéphane. (2021). Pour que tu mèmes encore. Penser nos identités au prisme des mèmes numérique. Éditions Somme Toute.

    BROWN, Alfie, BRISTOW, Dan. (2019). Post Memes: Seizing the Memes of Production. Punctum Books.

    CITTON, Yves, (2014). Une écologie de l’attention. Le Seuil.

    DAWKINS, Richard. (1976). The Selfish Gene. Oxford University Press.

    DENISOVA, Anastasia, (2019). Internet Memes and Society Social, Cultural, and Political Contexts. Routledge.

    FLUSSER, Vilém (1999) Les Gestes. Ombres Blanches.

    GAL, Noam, SHIFMAN, Limor, KAMPF, Zohar. (2015). « It gets better: Internet memes and the construction of collective identity », New Media & Society, 18(8), 1-17.

    GALLE, Jerry & WATSON, Mike. (2021). Memenesia. V2_.

    GARMON, Inès. (2018). « Le ‘swipe’ pour se rencontrer ou la promesse d’une interaction ‘fluide’. Étude de cas d’un ‘petit geste’ de manipulation des interfaces tactiles », Interfaces Numériques, 7(1).

    GOFFMAN, Erving. (1971). La mise en scène de la vie quotidienne. Minuit.

    HARAWAY, Donna. (2020). Vivre avec le trouble. Les éditions du monde à faire.

    HOBSON, Thomas & MODI, Kaajal. (2019). « Socialist Imaginaries and Queer Futures: Memes as Sites of Collective Imagining », Post Memes. Seizing the Memes of Production. Punctum Books.

    JEANNERET, Yves. (2014). Critique de la trivialité : les médiations de la communication, enjeu de pouvoir. Editions Non Standard.

    JOST, François. (2022). Est-ce que tu mèmes ? De la parodie à la pandémie numérique. CNRS Éditions.

    KAPLAN, Frédéric, NOVA, Nicolas (2016). La culture Internet des mèmes. Presses polytechniques et universitaires romandes.

    LEIGH STAR, Susan. (2010). « Ceci n’est pas un objet-frontière : Réflexions sur l’origine d’un concept », Revue d’anthropologie des connaissances, 4(1). https://doi.org/10.3917/rac.009.0018

    LOLLI, Alessandro. (2017). La guerra dei meme. Fenomenologia di uno scherzo infinito. Effequ.

    MANOVICH, Lev. (2015). Le langage des nouveaux médias. Les presses du réel.

    METAHAVEN. (2013). Can Jokes Bring Down Governments: Memes, Design and Politics. Strelka Institute for Media Architecture and Design. Strelka Press.

    MOTTEN, Fred & HARNEY, Stefano. (2022). Les sous-communs: planification fugitive et étude noire. Brook.

    MORTON, Timothy. (2018). Hyperobjets – philosophie et écologie après la fin du monde. Éditions Cité du design & It éditions.

    ROSA, Harmut. (2018). Résonance – Une sociologie de la relation au monde. La découverte.

    ROGER, Richard & GIORGI, Giulia. (2023). « What is a meme, technically speaking? », Information, Communication & Society. https://doi.org/10.1080/1369118X.2023.2174790

    SCHOLZ, Trebor. (2013). Digital Labor. The Internet as Playground and Factory. Routledge. SHIFMAN, Limor, (2014). Memes in digital culture. MIT Press.

    SOUCHIER, Emmanuel & CANDEL, Etienne & GOMEZ-MEJIA, Gustavo. (2019). Le numérique comme écritureThéories et méthodes d’analyse. Armand Colin.

    SZENDY, Peter. (2020). Pour une écologie des images. Minuit.
    TANNI, Valentina. (2020). Memestetica. Il settembre eterno dell’arte. Nero Editions.

    WAGENER, Albin. (2013). « Emergence et diffusion d’items identitaires et culturel : le cas de la communauté en ligne 9gag », Recherches en communication, 40.

    WAGENER, Albin. (2020). « Mèmes, gifs et communication cognitivo-affective sur Internet », Communication, 37(1), < http://journals.openedition.org/communication/11061 >.

    WAGENER, Albin. (2022). Mèmologie. Théorie postdigitale des mèmes. UGA Éditions. XIAO-MINA, An. (2019) Memes to movements. Beacon Press.

    Biographiques des co-directeurs/co-directrices du numéro

    Laurence ALLARD

    Laurence Allard (Université Lille/IRCAV-Paris 3) est maîtresse de conférences, Sciences de la Communication, Université Lille-Département Culture/IRCAV-Paris Sorbonne Nouvelle. Elle est sociologue des usages numériques. Anthologue et traductrice de Donna Haraway avec Delphine Gardey et Nathalie Magnan, Manifeste Cyborg. Sciences-Fictions-Féminismes, Exils, 2007. Dernier ouvrage paru : Écologies du smartphone, Bord de l’Eau, 2021 en co-coordination avec Alexandre Monnin et Nicolas Nova.

    Irene DE TOGNI

    Irene De Togni (Université Paris Nanterre/Dicen-IdF) est doctorante en sciences de l’information et de la communication. Ses travaux portent sur les écritures numériques participatives au sein d’un corpus de plateformes de critique culturelle et notamment sur la liste comme forme numérique de structuration et d’organisation de la participation. Elle s’intéresse également aux rapports entre genre et génération en écriture numérique.

    Fabrizio DEFILIPPI

    Fabrizio Defilippi (Université Paris Nanterre/Dicen IdF) est doctorant en sciences de l’information et de la communication et philosophie et il réalise une thèse sur les imaginaires sociotechniques du futur. Ses travaux portent sur les imaginaires de l’Anthropocène et sur la production discursive de scénarios sociotechniques dans l’espace français. Il s’intéresse aussi aux mèmes en tant que vecteurs de significations sociales partagées.

    Lucas FRITZ

    Lucas Fritz (Dicen-Idf-Paris-10/IRIS-EHESS) est doctorant en sciences de l’information et de la communication et sociologie et réalise une thèse sur la « neurodiversité » et les « neuronormes » : le militantisme de la différence neurologique et psychique, et l’évolution des normes de communication et des expériences de « troubles » à l’ère de l’émergence conjointe du numérique et des neurosciences. Il s’intéresse aux mèmes via la question del’accessibilité des modes d’information et de communication (numérique et non-numérique) et de ces paradoxes.

    Adrien PEQUIGNOT

    Adrien Péquignot (EUR ArTeC/CEMTI) est doctorant en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris 8. Ses travaux portent sur la transformation des relations qu’induit la numérisation de certaines pratiques sociales.

    Gabriele STERA

    Gabriele Stera (UPL/ArTeC) est chercheur et artiste, actif en France et en Italie. Il est actuellement doctorant à l’Université Paris 8 où il réalise une thèse en littérature consacrée aux usages créatifs du sous-titrage audiovisuel. Ses recherches portent sur les relations entre texte et image et sur l’emploi créatif des dispositifs paratextuels utilitaires.

  • Projet de recherche « No(u)s mèmes »

    « No(u)s mèmes » est un projet de recherche initié en 2022 et actif aujourd’hui. Il naît dans le contexte de l’organisation d’une journée d’études « No(u)s mèmes » qui a eu lieu le 14 octobre 2022 au CNAM à Paris. Cette journée d’étude, organisée avec le soutien de l’EUR ArTeC, aborde les mèmes en tant que nouvelles formes d’écriture du « soi » et du « nous ». Étudier « nos » mèmes signifierait, alors, comprendre quelque chose de « nous-mêmes », de nos pratiques, en ligne et hors ligne, de nos imaginaires et de nos liens cognitivo-affectifs, entre expression intime et renouvellement de l’« horizon de sens » collectif. La co-direction des numéros #11 et #12 de la revue Hybrid avec Laurence Allard intitulés « Vies et vitalités des mèmes » s’inscrit dans la continuité des thématiques développées lors de la journée d’étude. Le projet comprend également des missions ponctuelles de médiation scientifique telles que l’organisation d’ateliers invitant à la réflexion autour des mèmes lors de la Fête de la Science 2023 à l’Université Paris Nanterre en collaboration avec des artistes. Il ouvre également à des modalités pédagogiques innovantes autour de l’objet-mème.

    Porteures du projet

    • Fabrizio Defilippi, docteur (Dicen-IdF, EA 7339)
    • Irene De Togni, docteure (Dicen-IdF, EA 7339)
    • Lucas Fritz, doctorant (Dicen-IdF – ED 138 / Iris – EHESS)
    • Adrien Péquignot, doctorant (EUR ArTeC / Cemti – EA 3388)
    • Gabriele Stera, doctorant (EUR ArTeC / FabLitt – EA 7322 LHE)

    Présentation du projet

    Bien que le terme de « même » soit employé depuis les années 70 pour désigner un « élément culturel se propageant de façon interindividuelle par copie ou imitation (Dawkins, 1972), le mème se distingue d’autres contenus numériques par sa forme (souvent des images, animées ou non, associées à un texte court), ses lieux d’émergence (les réseaux sociaux numériques) et son mode de diffusion (les utilisateur.ices de ces réseaux). Entre divertissement et politique, la prolifération de mèmes brouille progressivement les frontières entre cultures underground et mainstream, en constituant un phénomène social et communicationnel important.

    Au niveau académique, le mème fait désormais l’objet d’une réflexion interdisciplinaire, au carrefour entre les sciences de l’information et la communication, l’art et la philosophie. Notre groupe souhaiterait développer une réflexion sur ce phénomène à travers une approche capable de saisir ses différentes facettes communicationnelles, esthétiques, socio-techniques et politiques. Ainsi, nous voudrions décrire et comprendre les tendances et les dynamiques liées à la création, diffusion et évolution des mèmes, mais aussi en saisir le potentiel artistique et politique :

    1- Nous abordons les mèmes en tant que nouvelles formes d’écriture du soi et du « nous », en faisant l’hypothèse qu’ils sont à la fois un point de convergence de tendances sociales et un outil d’expression intime, un moyen de renouvellement de l’horizon de sens collectif mais aussi une « arme » de radicalisation politique (Wu Ming 1, 2021). En tant que vecteurs de significations sociales, les mèmes peuvent contribuer à l’émergence de communautés en ligne, jouant un rôle dans les luttes politiques et dans la construction identitaire de groupes hétérogènes. De quelle manière les mèmes participent-ils à la création d’un imaginaire social partagé ? Comment la critique des dynamiques de pouvoir peut-elle évoluer à travers la production mémétique ? Comment la communication par les mèmes peut-elle donner vie à de nouvelles formes d’interaction sociale et politique?

    2- Nous nous approchons au phénomène mémétique par sa dimension créative, en proposant de concevoir les mèmes comme un medium qui rend possibles de nouvelles formes de recherche collective. Nous voudrions mettre en place notamment de dispositifs qui permettent de « performer » le même comme un outil d’expression artistique (Tanni, 2020), en utilisant le statut pluriel du mème, qui est à la fois un objet culturel à part entière, une icône de la culture Internet ou encore un symbole de certaines fonctions communicationnelles à l’ère du numérique (comme l’émotion liée à la fatigue d’être soi, à l’isolement social ou à la solidarité politique). Si le mème existe seulement dans et par sa diffusion, au-delà de toute prétention de « privatisation », comment faire fructifier son potentiel créatif ? Qu’est-ce que le mème nous permet de voir de nous-mêmes et de notre société ? Quel rapport existe-t-il entre l’art et la production mémétique ?

    Quels sont donc nos mèmes et qu’est-ce qu’ils nous font ? Comment leur présence constante traverse notre quotidienneté, en influençant également nos questions de recherche académiques ? Ces quelques réflexions constituent le point de départ pour le travail de notre groupe interdisciplinaire et s’inscrivent dans les trois axes de recherche de l’EUR ArTeC, dans la mesure où les mèmes représentent une nouvelle façon d’écrire et publier, questionnent les liens entre recherche et création, et constituent une médiation technologique de plus en plus importante.

    Références bibliographiques

    • Hobson, H., Modi, K. (2019), Socialist Imaginaries and Queer Futures: Memes as Sites of Collective Imagining, in Post Memes. Seizing the Memes of Production, Punctum Books, pp. 327-352.
    • Gal, N., Shifman, L., & Kampf, Z. (2016), “It Gets Better”: Internet memes and the construction of collective identity, New Media & Society, 18(8), pp. 1698–1714.
    • Kaplan, F., Nova, N. (2016), La culture Internet des mèmes, Lausanne, Presses polytechniques et universitaires romandes.
    • Shifman, L. (2014), Memes in digital culture, Cambridge, MIT Press.
    • Tanni, V. (2020), Memestetica. Il settembre eterno dell’arte, Roma, Nero Editions.

    Contact

    Écris-nous à l’adresse nousmemers@gmail.com ou via le formulaire de ce blog.

  • Projet de recherche « Généricité des plateformes et littératie numérique »

    « Généricité des plateformes et littératie numérique » est un projet de recherche initié en 2021 et terminé en 2023 qui nait d’une collaboration entre moi et Cécile Payeur, Maîtresse de Conférences en Sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris Nanterre. Le projet propose une réflexion sur le genre et la généricité dans le processus de conception et de développement des plateformes et notamment en contexte d’écriture numérique participative. Il vise à consolider une méthodologie d’enseignement autour de la conception de plateformes participatives qui se concentre sur les potentialités de conception des formes des utilisateurs et à développer des modèles de plateformes participatives évolutives.

    Généricité des plateformes et littératie numérique

    Co-porteurs du projet : Cécile Payeur, Maîtresse de Conférences en Sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris Nanterre & Irene De Togni, Doctorante en Sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris Nanterre

    Durée : 2021-2023

    Résumé : Avec l’émergence du phénomène de plateformisation dans le domaine de la culture se pose la question de l’implication de l’utilisateur dans la production de savoir et des processus de capacitation générés par sa participation. À travers une analyse sur plusieurs niveaux de l’écriture numérique, ces travaux interrogent les dynamiques de proposition de formes génériques et les pratiques de réinvestissement plus ou moins transformatif de ces formes dans une perspective où la participation des utilisateurs ainsi outillée s’étend, via leur activité de consommation et production de texte et d’interprétation des formes génériques proposées, au design des plateformes. Les travaux s’appuient, d’un côté, sur une activité d’enseignement et de suivi de projets étudiant.e.s de conception et de développement de plateformes et, de l’autre, sur une activité de recherche finalisée à la publication et à la communication scientifiques autour de thèmes de littératie et rhétorique numériques.

    Mots-clefs : Écriture numérique, généricité, plateformes, genre, génération textuelle et logicielle, littératie numérique, participation

    Contact : cecile.payeur@parisnanterre.fr & detogni.i@parisnanterre.fr

    Site Web : Culture Media Lab

    Axes du projet

    Le projet prévoit une réflexion autour de quatre axes principaux :

    • La généricité et l’air de famille conceptuelle autour du genre d’écriture comprenant « genre », « générique », « généricité » et « génération ». Cet axe interroge les écritures numériques et la production de contenus en relation avec des éléments génériques telles que le degré d’abstraction, de standardisation, d’adaptabilité ou d’interopérabilité d’une forme. Elle interroge notamment les rapports entre genre et génération « textielle » (Mayeur & Desprès-Lonnet, 2020). Nous visons à approfondir le dialogue avec des théorisations en écriture numérique autour de l’architexte (Jeanneret & Souchier, 2005) ou de la « generativity » (Zittrain, 2019).
    • La littératie numérique (Bachimont & Bouchardon, 2023) qui indique le degré de intelligibilité et de maîtrise des formes d’écriture numérique ou logicielle et le rapport, au sein d’un contexte social élargi, de ce savoir et savoir-faire avec le pouvoir. Elle comprends des éléments d’appropriation critique des outils pour la composition de formes de la part des concepteurs et des utilisateurs. Deux niveaux se prêtent donc à l’observation : le travail des concepteurs des plateformes attentifs au rôle des utilisateurs et les pratiques des utilisateurs pouvant intervenir dans restructuration de l’écriture au sein des dispositifs numériques préconçus. Cela dans une relation de mise en abyme des écritures numériques. La littératie numérique comprend également des éléments pédagogiques d’alphabétisations aux écritures numériques de la part, encore une fois, des étudiants en design des plateformes et de leur utilisateurs.
    • L’écriture numérique, comprise dans sa définition large de conception de plateformes et des pratiques d’écrilecture (Broudoux, 2018) qui composent les usagers de ces plateformes. C’est en ce sens que nous entendons les écritures numériques participatives, des pratiques où le jeu de structuration et de restructuration de la participation via les appropriations des formes proposées est toujours en cours.
    • La participation, intrinsèque à l’écriture des plateformes, étudiée du point de vue de la conception et de l’utilisation. La conception, d’un côté, prenant en compte le pouvoir créateur de l’usager et les utilisateurs, de l’autre, qui sont apriori immergés dans une dynamique participative au sein des plateformes. Quels paradigmes participatifs s’instaurent au sein des plateformes étudiées et quelles pratiques s’y développent ?

    Supports étudiés

    • Plateformes contributives culturelles
    • Plateformes participatives et contributives de critique culturelle
    • L’étude vise à s’étendre à d’autres types de dispositifs participatifs

    Types de livrables

    Méthodologie d’enseignement

    Les cours portent sur une conception critique et « littrée » de plateformes numériques au sein de projets tuteurés avec les étudiants du Master DEFI de l’Université Paris Nanterre.

    Projet tuteuré — Généricité des plateformes et littératie numérique, Co-encadrement Cécile Payeur et Irene De Togni, TD, 10h, Master 2 Documents Electroniques et Flux d’Informations, Université Paris Nanterre, 2021-2022 et 2022-2023

    Descriptif du cours : l’enjeu de ce travail est de réfléchir sur le développement d’une littératie numérique du point de vue du concepteur des sites et du point de vue des utilisateurs. Cette littératie se constitue par l’identification des formes « standard » typiques de l’écriture numérique qui peuvent être reconnues et manipulées par un grand nombre d’utilisateurs et par la possibilité donnée à ces utilisateurs de réinvestir ces formes de manière innovante, de participer en ce sens au design des plateformes. Via des méthodes d’observation et de constitution d’une « grammaire » de formes et d’agencements possibles de ces formes pour la composition de sites, les étudiants développent un modèle de plateforme de critique culturelle centrée sur la mise à disposition pour l’utilisateur d’outils pour le développement et la conception. L’attention sera mise sur la littératie de l’utilisateur et sur sa capacité à produire des innovations formelles et au niveau des usages. 

    Le travail se concentre sur un genre spécifique de discours sur le web, celui de la critique culturelle. Ce discours porte avec soi un héritage de formes et de modalités traditionnelles de se réaliser (la chronique, l’avis, le bouche à oreille, l’évaluation, les classements, les florilèges, les prix, …) et des modalités spécifiques de se « textualiser » sur le web, d’être mis en forme au sein des pages d’écran. Le corpus se compose de plateformes de critique culturelle participative sur le web : Babelio, LibraryThing, Goodreads, Livraddict, Decitre, pour la critique littéraire ; SensCritique, RottenTomatoes, pour la critique cinématographique et télévisée. 

    L’activité proposée suit plusieurs phases : 

    • Repérer les formes génériques de la critique culturelle. Une phase de décortication de la plateforme via le repérage des formes qui la composent et qui qualifient le genre de discours spécifique à la critique culturelle : les « petites formes » selon la définition de Étienne Candel (les boutons, les likes, les barres de recherche, les tags, …), les formes rhétoriques composées (les listes, les commentaires, les fils d’actualité, …), les modules dont la plateforme se compose (espace du profil, de recommandation, forum, …). Il est important d’observer également où se situent ces formes et quelle est leur fonction au sein de la plateforme. 
    • Observer l’évolution de ces formes génériques. L’observation des interfaces peut être complétée par une démarche diachronique sur les archives web (Way Back Machine, Internet Archives). Ces deux phases portent à la constitution d’un modèle générique des plateformes de critique culturelle composé de formes standard employées pour ce discours. 
    • Concevoir et développer une interface « générique » qui laisse à l’utilisateur de la marge pour la conception. Travailler sur les architextes de création des formes et sur les champs de saisie libre qui permettent la personnalisation. 

    Projet tuteuré — Généricité des plateformes, Cécile Payeur, TD, 10h, Master 2 Documents Electroniques et Flux d’Informations, Université Paris Nanterre, 2020-2021

    Publications d’articles scientifiques

    Les publications portent sur les rapports entre genre et génération en écriture numérique et en Sciences de l’information et de la communication.

    De Togni, I., Payeur, C. (2023). Formes discursives et design génériques dans les plateformes participatives de critique culturelle. Revue Intelligibilité du Numérique, 4. ⟨hal-04117493⟩

    Résumé de la publication : avec l’émergence du phénomène de plateformisation dans le domaine de la culture se pose la question de l’implication de l’utilisateur dans la production de savoir et des processus de capacitation générés par sa participation. À travers une analyse sur plusieurs niveaux de l’écriture numérique, nous interrogeons les dynamiques de proposition de formes génériques et les pratiques de réinvestissement plus ou moins transformatif de ces formes dans une perspective où la participation des utilisateurs ainsi outillée s’étend, via leur activité de consommation et production de texte et d’interprétation des formes génériques proposées, au design des plateformes. Ce travail s’appuie sur le corpus d’une thèse en cours, constitué de plateformes participatives de critique culturelle, et sur des recherches développées au sein du projet ANR-Collabora sur les aspects de généricité et de génération des dispositifs info-communicationnels.

    Mots-clés : littératie numérique, design, plateformes, genre, liste, écrilecteur-designer

    Intervention dans des colloques scientifiques

    En cours

    Conception et développement d’une plateforme participative générique de critique culturelle

    En cours

    Résultats attendus

    • Apporter une réflexion théorique autour des rapports entre genre et génération en écriture numérique et en Sciences de l’information et de la communication.
    • Dans une perspective de recherche-action : consolider une méthodologie d’enseignement portant sur une conception critique de plateformes.
    • Dans une perspective de recherche-création : développement d’une plateforme générique et des protocoles de co-desing participatif des plateformes.

    Méthodologie

    • Méthode sémiologique d’analyse d’interfaces numériques s’appuyant notamment sur la sémiologie des écrits d’écran et sur une ethnographie de la participation numérique. Cette méthode est tirée d’un travail de thèse en cours autour des formes d’écriture numérique participative.
    • Méthode sociologique avec des entretiens à la fois à des utilisateurs et à des concepteurs sur leurs pratiques d’écriture numérique (Davallon et al., 2012) et le choix de formes. 
    • Méthodologie d’analyse trans-plateforme et diachronique pour l’étude de l’évolution des formes (WayBack Machine, Internet Archives)
    • Méthode sémiologique d’analyse du code informatique.

    Dates clés

    2023 : Publication dans la revue Intelligibilité du numérique, 4.

    2022-2023 : Projet tuteuré pour les Master DEFI « Généricité des plateformes et littératie numérique », Université Paris Nanterre

    2021-2022 : Projet tuteuré pour les Master DEFI « Généricité de plateformes », Université Paris Nanterre

    2020-2021 : Projet tuteuré pour les Master DEFI « Généricité de plateformes », Université Paris Nanterre

    Bibliographie indicative

    Bachimont, B. & Bouchardon, S. (2023). Littératie et rhétorique numériques. Revue Intelligibilité du numérique, 4 https://doi.org/10.34745/numerev_1924

    Badiou, A. (1992). L’écriture du générique. Dans Conditions (pp. 328-367). Seuil. 

    Broudoux, E. (2018). Écrilecture : la littératie informationnelle à la croisée de l’offre et des services des intermédiaires. Revue française des sciences de l’information et de la communication, 15. https://doi.org/10.4000/rfsic.4738

    Bullich, V., Guignard, V. (2016). Les plates-formes de contenus numériques : une nouvelle intermédiation ?. La culture et ses intermédiaires. Dans les arts, le numérique et les industries créatives. hal-01940632

    Caffari, M., Mohs, J. (2018). Écritures contemporaines et processus dialogiques. A contrario, 27, 3-20. https://doi.org/10.3917/aco.182.0003

    Candel E., Jeanne-Perrier V., Souchier E. (2012). Petites formes, grands desseins. D’une grammaire des énoncés éditoriaux à la standardisation des écritures. Dans J. Davallon (dir.), L’économie des écritures sur le web (pp. 165-201). Hermès-Lavoisier.

    Crozat, S., Bachimont, B., Cailleau, I., Bouchardon, S. & Gaillard, L. (2011). Éléments pour une théorie opérationnelle de l’écriture numérique. Document numériqueVol. 14, p. 9-33.

    Davallon, J., Despret-Lonnet, M., Jeanneret, Y., Le Marec, J., Souchier, E. (2003). Lire, écrire, récrire : Objets, signes et pratiques des médias informatisés, Nouvelle édition, Éditions de la Bibliothèque publique d’information. https://doi.org/10.4000/books.bibpompidou.394.

    Genette, G., Jauss, H. R., Schaeffer, J.-M., et al. (1986). Théorie des genres, Seuil.

    Goyet, S. (2017). Outils d’écriture du web et industrie du texte: Du code informatique comme pratique lettrée. Réseaux, 206, 61-94. https://doi.org/10.3917/res.206.0061

    Goody, J. (1979). La Raison graphique, les Éditions de Minuit.

    Goody, J. (2017). La logique de l’écriture: L’écrit et l’organisation de la société. Armand Colin. https://doi.org/10.3917/arco.goody.2018.01

    Jeanne Perrier, V. (2006). Des outils d’écriture aux pouvoirs exorbitants ?. Réseaux, no 137 https://www.cairn.info/revue–2006-3-page-97.htm

    Jeanneret, Y., Souchier, E. (1999). Pour une poétique de l’écrit d’écran. Xoana, n° 6, 97-107.

    Jeanneret, Y. (2007). Logistiques de l’écrit. Médium, 10, 41-50. https://doi.org/10.3917/mediu.010.0041

    Jeanneret, Y. (2014). Critique de la trivialité. Les médiations de la communication, enjeu de pouvoir. Éditions Non Standard.

    Kelty, C. M. (2019). The Participant. A Century of Participation in Four Stories. The University of Chicago Press.

    Kelty, C. M. (2012). From Participation to Power. Dans The Participatory Cultures Handbook. Routledge.

    Leadbeater, C. Millet, P. (2004). The Pro-Am Revolution: How Enthousiasts are changing our Economy and Society. Demos.

    Le Deuff, O. (2012). Littératies informationnelles, médiatiques et numériques : de la concurrence à la convergence  ?. Études de communication 38. https://doi.org/10.4000/edc.3411

    Mayeur, I., Desprès-Lonnet, M. (2020). Aux origines du textiel. Entretien avec Marie Després-Lonnet, Corela, HS-33 https://doi.org/10.4000/corela.11756

    Maingueneau, D. (2013). Chapitre 4 – Genres de discours et web : existe-t-il des genres web ?. Dans B. Christine (dir.), Manuel d’analyse du web en Sciences Humaines et Sociales (pp. 74-98). Armand Colin. 

    Payeur, C., Chupin, L. (2020). Génération et généricité des plateformes de valorisation participative du patrimoine numérisé. Dans M. Severo (dir.), actes du colloque La fabrique de la participation culturelle. Plateformes numériques et enjeux démocratiques, 4ème trimestre.

    Paveau, M.-A. (2017). L’analyse du discours numérique. Dictionnaire des formes et des pratiques. Hermann, coll. « Cultures numériques ». ISBN : 978-2-7056-9321-3

    Petit, V., Bouchardon, S. (2017). L’écriture numérique ou l’écriture selon les machines. Enjeux philosophiques et pédagogiques. Communication & langages, 191, 129-148. https://doi.org/10.3917/comla.191.0129

    Severo, M., Shulz, S., Thuillas, O. (2022). Culture en partage. Guide des plateformes contributives culturelles, FYP éditions.

    Simondon, G. (1958). Du mode d’existence des objets techniques. Aubier Philosophie.

    Vitali-Rosati, M. (2020). Qu’est-ce que l’écriture numérique ?. Corela [En ligne], HS-33. https://doi.org/10.4000/corela.11759

    Zacklad, M., Catoir-Brisson, M.-J. (2021). Culture de la conception et du design dans la recherche-intervention en SHS. Revue française des sciences de l’information et de la communication 23. https://doi.org/10.4000/rfsic.11860

    Zacklad M., Arruabarrena B., Berthiniet-Poncet A. et al. (2021). Les labs d’innovation interne : typologie des innovations, approche plateforme, rôle du design. Approches Théoriques en Information-Communication (ATIC), 2021/1 (N° 2). 10.3917/atic.002.0127

    Zittrain, J. (2008). Generativity: The Future of the Internet-And How to Stop It. Yale University Press.