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  • Participation au XI Congrès de l’AFS 2026

    Je suis ravix de participer au XI Congrès de l’Association Française de Sémiotique « Détermination, indétermination : la sémiotique entre prévisibilité et imprévisibilité » qui se tiendra du 17 au 20 juin 2026 à Paris.

    Je partage le texte de ma communication qui fera partie du Panel thématique 4 « Dire l’incertain : indétermination écologique, politique et futurs possibles » organisé par Alexandre Bueno, Oriana Fulaneti et Ylan Damerose :

    Titre de la communication : Certifier l’avenir incertain : agentivité médiatique et communication du plan de sobriété énergétique de 2022-2023.

    Les discours contemporains sur l’énergie témoignent d’une expérience croissante de l’imprévisible (Sedda, 2025) et produisent, en même temps, des instances de détermination de la potentialité. Le questionnement sémiotique en particulier émerge de l’articulation entre la production de sens et l’encadrement de l’action au sein d’opérations discursives précises de calcul et de planification. Il émerge également, au sens d’une techno-sémiotique, de l’action structurante de la raison graphique, computationnelle ou, plus largement, médiatique qui instrumente ces opérations, à travers notamment les notions d’agentivité médiatique et d’énonciation éditoriale et technique (Souchier et al., 2019).

    Notre communication porte à la fois sur le « plan de sobriété énergétique » de la période hivernale 2022-2023, construit en réponse au contexte de crise énergétique et sur la campagne gouvernementale de communication-action sur l’application de ce plan. Nous interrogeons la communication publique du plan comme un moyen d’agir sur l’indétermination énergétique et politique.

    Nous considérons le « plan » comme un dispositif composite (d’écriture, sociotechnique, de gouvernement). Il supporte, entre autres, des opérations d’ordonnancement, de prescriptions orientées pour réaliser une action ou une série d’actions, collectives dans notre cas. Les apports de la sociologie de la traduction (Akrich et al., 2013 ; Star, 2007), des études de politique matérielle centrées sur l’objet (Marres, 2012) mais aussi de l’épistémologie du support de communication nous permettent d’interroger l’agentivité des technologies d’écriture (Goody, 1979). Cela fait écho aux travaux de Bachimont (2010), qui propose une définition du programme (informatique) en lien avec l’action de ces technologies sur l’indétermination temporelle : il entend le programme comme un moyen de certifier l’avenir : une structuration spatiale qui réalise une détermination temporelle. Le plan, tout comme des dispositifs analogues (projet, programme informatique, programme politique, etc.) traduisent ainsi l’action de ces technologies sur le temps.

    L’analyse sémiotique des discours de planification écologique (dans le cas spécifique du plan de sobriété énergétique de 2022-2023) se focalise ainsi sur les dispositifs infocommunicationnels comme une partie essentielle de la planification et en interroge l’agentivité sur l’orientation des pratiques sociales. Les rapports entre communication et action (mise en action des publics, détermination de l’action collective en termes de pratiques énergétiques), ouvre à une réflexion sémiotique sur l’action prise dans une tension entre discours de certification et incertitude.

    Notre travail mobilise les approches de la sémiotique visuelle (Manchia, 2025) et de la socio- sémiotique des médias (Souchier et al., 2019). Il interroge la médiatisation du discours énergétique, analysant les supports de la campagne de communication publique « Chaque geste compte », sa circulation intermédiatique et sa remédiation par des acteurices divers-es, notamment au sein d’un corpus de vidéos composé à partir de la plateforme YouTube. Nous recourons à des méthodes d’analyse des interfaces numériques, d’analyse de la participation complétées par des entretiens semi-directifs avec les acteurices chargé-es de la conception de la campagne.

    Bibliographie indicative

    Akrich, M., Callon, M., Latour, B. (2013). Sociologie de la traduction. Textes fondateurs. Presses des Mines.

    Bachimont, B. (2010). Le sens de la technique : le numérique et le calcul. Les Belles Lettres.

    Goody, J. (1979). La Raison graphique. La domestication de la pensée sauvage. Les Editions de Minuit.

    Manchia, V. (2025). Dentro l’immagine. Il primo libro di semiotica visiva. Einaudi.

    Marres, N. (2012). Material Participation : Technology, the Environment and Everyday Publics. Palgrave Macmillan.

    Sedda, F. (2025). L’imprevedibile accade : vivere e sopravvivere nel XXI secolo. Bompiani.

    Souchier, E., Candel, E., Gomez-Mejia, G., Jeanne Perrier, V. (2019). Le numérique comme écriture : Théories et méthodes d’analyse. Armand Colin.

    Star, S. L. (2007). « Power, Technology and the Phenomenology of Conventions. On Being Allergic to Onions ». In: Asdal et al. (dir.). Technoscience : The Politics of Interventions. Unipub

  • Demi-journée de présentation de la SNBC3, DGEC

    Le 26 mars 2026, dans le cadre de l’événement sur la Stratégie Nationale Bas Carbone – SNBC3 organisé par la Direction générale de l’Énergie et du Climat – DGEC à l’École Nationale des Ponts et Chaussées, je présente le poster scientifique « Rendre visible la sobriété pour inviter à y participer ». 

    Le poster illustre les recherches menées au cours de ma recherche post-doctorale pour le projet ADEME « SOBREPOL – Politiques de la sobriété énergétique » en collaboration avec Claire Le Renard. La recherche se concentre sur le changement de la norme sociale guidant les pratiques énergétiques au cours de la crise énergétique de 2022-2023 et notamment sur le rôle du dispositif politique (« Le plan de sobriété énergétique ») et info-communicationnel (la campagne de communication publique « Chaque geste compte »). Ces dispositifs sont notamment analysées à partir des approches de la participation matérielle, de la sociologie des problèmes publics, de la théorie des pratiques et en prenant en compte des processus de médiatisation divers.

    La question de recherche : « comment faire changer une norme sociale ? ». Le poster décline nos résultats provisoires selon 4 axes : 

    • faire attention : une valorisation de la modération de la consommation, qui réactive une norme sociale préexistante ;
    • la prise de conscience : métabolismes et impacts environnementaux vus par les classes intellectuelles ;
    • inviter à participer : une activation dépolitisée de la participation citoyenne ;
    • communiquer l’exemplarité : déplacer la norme vestimentaire et de présentation de soi par une stratégie d’invitation à l’émulation.

    Support de la présentation