Étiquette : communication publique

  • Participation au colloque « écologie-et-rsn »

    Je suis ravie de participer au colloque « Environnement et écologie sur les réseaux socionumériques : récits, acteurs et dynamiques » qui se tiendra le 3 et 4 décembre 2026 à l’Université Paul Valéry de Montpellier. Ma communication est intitulée « Rhétorique numérique de l’énergie : agentivité médiatique des réseaux socio-numériques dans le plan de sobriété énergétique de 2022-2023 ».

    Résumé

    Cette proposition de communication questionne les reconfigurations numériques au sein des médias sociaux du discours énergétique et notamment la dimension de l’agentivité (agency) des formes d’écriture numérique (Badir & Catellani, 2025). Elle s’inscrit dans l’Axe 3 Formats des contenus environnementaux et écologiques à l’ère des RSN. Elle porte sur le plan de sobriété énergétique de 2022 et sur la communication publique visant à la participation massive à une politique de réduction de consommation dans le contexte de la crise de l’énergie-climat de 2022-2023. Examinant la matérialité des supports d’inscription de la communication publique, elle s’intéresse aux modalités précises de médiatisation de la notion de sobriété énergétique au sein des médias sociaux dans un moment historique de nécessaire opérationnalisation des démarches soustractives.

    Le corpus d’analyse se compose de 31 vidéos issues de la plate-forme YouTube à partir de la requête « plan sobriété énergétique », en ciblant les années 2022 et 2023. Elle examine également les comptes utilisateurice et les écrits d’écran où ces vidéos s’inscrivent. L’analyse porte sur les supports et les formats de communication ainsi que sur les processus participatifs représentés et induits par les médias (Monnoyer-Smith & Wojcik, 2014). La méthodologie d’analyse sémio-rhétorique employée dérive de l’analyse pragmatique proposée par Bachimont et Bouchardon (2023) et prend en compte les agents sémiotiques qui mobilisent les formes rhétoriques, au niveau le plus superficiel des interfaces numériques, dans des actes communicationnels avec autrui. Elle s’applique aux formes d’écriture des interfaces des RSN pour déterminer leurs appropriations, leur affordances et leur pouvoir d’action. À partir de diverses théorisations de l’écriture numérique (Broudoux et al. 2015 ; Souchier et al., 2019 ; Vitali-Rosati, 2015), elle tient compte de la dimension éditoriale, architecturale, computationnelle et relationnelle des formes d’écriture de l’énergie en ligne.

    L’analyse vise à établir une typologie des formats numériques conçus pour encadrer et prescrire les actions d’économie d’énergie à plusieurs échelles du plan (entreprises, collectivités territoriales, individus) : des webinaires, des vidéos d’éducation financière, des shorts proposant des astuces pour économiser l’énergie ou des modes d’emploi des dispositifs de chauffage, des listes de conseils, etc. L’analyse fait également ressortir les dynamiques de circulation et de remédiationdes vidéos analysées et vise à construire une grammaire de la communication énergétique sur YouTube, dans une perspective diachronique sur la rhétorique des économies d’énergie (Damerose, 2026 ; Fedor, 2015).

    Mots-clés

    sobriété énergétique, rhétorique numérique, agentivité médiatique, YouTube, communication publique

    Bibliographie indicative

    Bachimont, B., & Bouchardon, S. (Dir.). (2023). Littératie et rhétorique numériques. Intelligibilité du numérique, 4https://doi.org/10.34745/numerev_1924

    Badir, S., & Catellani, A. (Dir.). (2025). L’agency des objets médiatiques. L’apport des SIC à la sémiotique (vol. 1). Academia.

    Broudoux, É., Chartron, G., & Chaudiron, S. (2013). L’architecture de l’information : quelle réalité conceptuelle ? Études de communication, 41, 13‑30.

    Damerose, Y., (2026). De la démesure à la commensuration : une sémiotique de l’énergie mesurée.  Actes Sémiotiques, (134). https://doi.org/10.25965/as.9316 

    Flipo, A. (2025). Ce que la sobriété veut dire : Pratiques et représentations de la sobriété en Europe. Lien social et Politiques, 93, 379‑398. https://doi.org/10.7202/1115804ar

    Fodor, F. (2015). Vers une société sobre : la rhétorique des économies d’énergie. Dans J. Cihuelo, A. Jobert & C. Grandclément (Dir.), Énergie et transformations sociales : Enquêtes sur les interfaces énergétiques (p. 201‑215). Lavoisier. https://doi.org/10.3917/lav.cihue.2015.01.0201

    Meissner, M. (2019). Against accumulation : Lifestyle minimalism, de-growth and the present post-ecological condition. Journal of Cultural Economy, 12(3), 185‑200. https://doi.org/10.1080/17530350.2019.1570962

    Monnoyer-Smith, L., & Wojcik, S. (2014). La participation politique en ligne, vers un renouvellement des problématiques ? Participations, 8(1), 5‑29.

    Souchier, E., Candel, É., Gomez-Mejia, G., & Jeanne-Perrier, V. (2019). Le numérique comme écriture : Théories et méthodes d’analyse. Armand Colin. https://doi.org/10.3917/arco.souch.2019.01

    Vitali-Rosati, M. (2020). Qu’est-ce que l’écriture numérique ? Corela, HS-33https://doi.org/10.4000/corela.11759

  • Participation au XVIII Congrès de l’AFSP 2026

    Avec Claire Le Renard, je suis ravix de participer au 18ème congrès national de l’Association Française de Science Politique qui se tiendra à Lyon en juillet 2026. Nous interviendrons dans la section thématique « Politiques de la sobriété, ou gouverner la diminution des consommations : instruments, arènes et controverses ». Voici le résumé de la communication autour du projet SOBREPOL – Politiques de la sobriété énergétique.

    Titre : « J’éteins, je réduis, je décale » : dessiner et orienter la participation citoyenne à la sobriété énergétique en contexte de crise

    Notre recherche porte sur le « plan de sobriété énergétique » de 2022-2023 qui a été au centre d’une politique publique et d’une campagne gouvernementale de communication-action publique concernant les économies d’énergie. La crise énergétique de l’hiver 2022-23, avec ses appels à la « sobriété », a eu des effets mesurables et durables sur la consommation énergétique des ménages en France : une diminution de l’ordre de 10 % a été constatée sur la consommation des énergies de réseau, électricité et gaz. Les instruments de politique publique permettant une réduction des consommations d’énergie dans l’espace domestique ont fait principalement appel à la responsabilisation du.de la consommateur.ice (Reverdy, 2022), alors que le « bouclier tarifaire » sur les énergies et le « chèque énergie » pour les plus vulnérables ont amorti une part de la hausse des prix. 

    La campagne de communication-action publique est au cœur de la recherche, qui combine trois démarches d’analyse : une enquête qualitative par entretiens auprès des acteur.ice.s à l’origine de la campagne, une analyse quantitative d’un corpus textuel de presse nationale, et une analyse sémiologique qualitative des médias informatisés (la plateforme YouTube notamment) afin de comprendre la construction de la sobriété dans l’espace public par l’évolution des cadrages médiatiques ainsi que par sa circulation « triviale » (Jeanneret, 2015) dans les espaces socio-numériques.

    Cette communication mobilise la sociologie politique et les sciences de l’information et de la communication. Elle s’inscrit dans l’Axe 3 de la section thématique « Controverses et légitimités » tout en considérant les dispositifs d’information et de communication dans leur dimension matérielle de dispositifs d’engagement politique, d’intermédiation et de coordination de la participation politique des publics (« engaging devices » Marres, 2012).

    D’une part, le « plan de sobriété énergétique » de 2022 engendre une politique de coordination qui mobilise la fonction sociale de la presse, l’usage social des savoirs scientifiques, ainsi que le discours promotionnel des entreprises. Les modalités de cette mobilisation de divers acteur.ice.s, conjointement avec le discours de légitimation ou le discours conflictuel qui l’articulent permettent de questionner les liens entre les modes de communication publique et politique ainsi que d’exercice du pouvoir. D’autre part, cette communication interroge le passage d’un gouvernement des conduites vers une communication publique du « faire participer » et d’appel à la participation des publics, faisant émerger un imaginaire socio-technique précis de la sobriété « participative » ou « sociale » ainsi que des pratiques sociales qui y sont liées.

    Bibliographie indicative

    Jeanneret, Y. (2014). Critique de la trivialité. Les médiations de la communication, enjeu de pouvoir. Paris, Éd. Non Standard.

    Kelty, C. M. (2019). The Participant. A Century of Participation in Four Stories. The University of Chicago Press.

    Marres, N. (2012). Material Participation : Technology, the Environment and Everyday Publics. Palgrave Macmillan.

    Proulx, S. (1994). « Une lecture de l’œuvre de Michel de Certeau : L’invention du quotidien, paradigme de l’activité des usagers », Communication. Information Médias Théories, vol. 15-2, p. 170–197.

    Reverdy, T. (2022). « La valeur du Négawatt : effacer la consommation électrique ». In F. Goulet & D. Vinck (éds.), Faire sans, faire avec moins. Paris: Presses des Mines. https://doi.org/10.4000/books.pressesmines.7411

    Shove, E., Pantzar, M., Watson, M. (2012). The Dynamics of Social Practice. Everyday Life and how it Changes. SAGE.

    Star, S. L. (1990). Power, Technology and the Phenomenology of Conventions: On being Allergic to Onions. The Sociological Review38(1_suppl), 26-56.

  • Intervention au séminaire du CML

    Avec Dylan Fluzin, une participation au séminaire interne du groupe de recherche Culture Média Lab (DICEN IDF, Université Paris Nanterre) du 19 février 2026.

    Les deux communications visent à interroger des points de rencontre entre les sciences de l’information et de la communication et le design. En mettant en avant une approche matérielle aux phénomènes communicationnels, elles se rejoignent sur la question : comment des dispositifs info-communicationnels dessinent et encadrent des pratiques collectives (pratiques énergétiques d’un côté, pratiques mémorielles de l’autre) ?

    « Communication et design de la participation énergétique : synecdoques et cybernétiques corporelles » 

    Irene De Togni. Post-doctorante à l’ENPC, LATTS.

    Cette communication présente une partie des travaux en cours dans le cadre du contrat post-doctoral pour le « Projet ADEME SOBREPOL – Politiques de sobriété énergétique dans la crise énergie-climat ». Elle se concentrera sur le cadre théorique, le corpus et la méthodologie d’analyse. L’analyse porte notamment sur le « plan de sobriété énergétique » de 2022-2023, et sur la campagne gouvernementale de communication-action grand public « chaque geste compte ». La campagne est étudiée à travers la question de la participation énergétique, dans une perspective où les objets info-communicationnels sont en même temps des médias qui engagent la participation citoyenne avec des modalités diverses et des représentations diverses de la planification et de la participation énergétique, des médiatisations plurielles, stratifiées et circulantes. Médiation technique et médiatisation de la sobriété mettent en lumière des aspects matériels, techniques et corporels précis qui posent autrement la question de la tension entre responsabilité individuelle et système sociotechnique (entreprise, collectivité territoriale, État, etc.) face au problème écologique à travers la question de l’incorporation des pratiques de participation énergétiques.

    « Plateforme, mémoire, et dispositif : une approche de recherche par le design des pratiques d’archivation LGBTQIA+ » 

    Dylan Fluzin. Doctorant en SIC et Design, DICEN IDF. 

    Le travail de thèse porte globalement sur les pratiques de mémoire et d’auto-documentation dans les communautés LGBTQIA+, en particulier à partir de contenus produits sur des plateformes comme Instagram. Cette présentation n’insistera pas tant sur le terrain lui-même que sur la manière dont la question est abordée méthodologiquement. L’idée serait de montrer que les plateformes ne sont pas considérées seulement comme des supports de contenus, mais comme des dispositifs techniques et informationnels dont le design influence concrètement la manière dont les communautés produisent, font circuler et conservent leurs traces. À partir de là, ce travail consiste à faire un double mouvement : analyser ces effets du design de plateforme sur les pratiques mémorielles, puis expérimenter en première personne, par des dispositifs de recherche par le design (ateliers, protocoles d’éditorialisation, transformations matérielles de données, etc.), des formes possibles d’archivation qui tiennent compte de ces contraintes.