Étiquette : participation énergétique

  • Participation au XVIII Congrès de l’AFSP 2026

    Avec Claire Le Renard, je suis ravix de participer au 18ème congrès national de l’Association Française de Science Politique qui se tiendra à Lyon en juillet 2026. Nous interviendrons dans la section thématique « Politiques de la sobriété, ou gouverner la diminution des consommations : instruments, arènes et controverses ». Voici le résumé de la communication autour du projet SOBREPOL – Politiques de la sobriété énergétique.

    Titre : « J’éteins, je réduis, je décale » : dessiner et orienter la participation citoyenne à la sobriété énergétique en contexte de crise

    Notre recherche porte sur le « plan de sobriété énergétique » de 2022-2023 qui a été au centre d’une politique publique et d’une campagne gouvernementale de communication-action publique concernant les économies d’énergie. La crise énergétique de l’hiver 2022-23, avec ses appels à la « sobriété », a eu des effets mesurables et durables sur la consommation énergétique des ménages en France : une diminution de l’ordre de 10 % a été constatée sur la consommation des énergies de réseau, électricité et gaz. Les instruments de politique publique permettant une réduction des consommations d’énergie dans l’espace domestique ont fait principalement appel à la responsabilisation du.de la consommateur.ice (Reverdy, 2022), alors que le « bouclier tarifaire » sur les énergies et le « chèque énergie » pour les plus vulnérables ont amorti une part de la hausse des prix. 

    La campagne de communication-action publique est au cœur de la recherche, qui combine trois démarches d’analyse : une enquête qualitative par entretiens auprès des acteur.ice.s à l’origine de la campagne, une analyse quantitative d’un corpus textuel de presse nationale, et une analyse sémiologique qualitative des médias informatisés (la plateforme YouTube notamment) afin de comprendre la construction de la sobriété dans l’espace public par l’évolution des cadrages médiatiques ainsi que par sa circulation « triviale » (Jeanneret, 2015) dans les espaces socio-numériques.

    Cette communication mobilise la sociologie politique et les sciences de l’information et de la communication. Elle s’inscrit dans l’Axe 3 de la section thématique « Controverses et légitimités » tout en considérant les dispositifs d’information et de communication dans leur dimension matérielle de dispositifs d’engagement politique, d’intermédiation et de coordination de la participation politique des publics (« engaging devices » Marres, 2012).

    D’une part, le « plan de sobriété énergétique » de 2022 engendre une politique de coordination qui mobilise la fonction sociale de la presse, l’usage social des savoirs scientifiques, ainsi que le discours promotionnel des entreprises. Les modalités de cette mobilisation de divers acteur.ice.s, conjointement avec le discours de légitimation ou le discours conflictuel qui l’articulent permettent de questionner les liens entre les modes de communication publique et politique ainsi que d’exercice du pouvoir. D’autre part, cette communication interroge le passage d’un gouvernement des conduites vers une communication publique du « faire participer » et d’appel à la participation des publics, faisant émerger un imaginaire socio-technique précis de la sobriété « participative » ou « sociale » ainsi que des pratiques sociales qui y sont liées.

    Bibliographie indicative

    Jeanneret, Y. (2014). Critique de la trivialité. Les médiations de la communication, enjeu de pouvoir. Paris, Éd. Non Standard.

    Kelty, C. M. (2019). The Participant. A Century of Participation in Four Stories. The University of Chicago Press.

    Marres, N. (2012). Material Participation : Technology, the Environment and Everyday Publics. Palgrave Macmillan.

    Proulx, S. (1994). « Une lecture de l’œuvre de Michel de Certeau : L’invention du quotidien, paradigme de l’activité des usagers », Communication. Information Médias Théories, vol. 15-2, p. 170–197.

    Reverdy, T. (2022). « La valeur du Négawatt : effacer la consommation électrique ». In F. Goulet & D. Vinck (éds.), Faire sans, faire avec moins. Paris: Presses des Mines. https://doi.org/10.4000/books.pressesmines.7411

    Shove, E., Pantzar, M., Watson, M. (2012). The Dynamics of Social Practice. Everyday Life and how it Changes. SAGE.

    Star, S. L. (1990). Power, Technology and the Phenomenology of Conventions: On being Allergic to Onions. The Sociological Review38(1_suppl), 26-56.

  • Intervention au séminaire du CML

    Avec Dylan Fluzin, une participation au séminaire interne du groupe de recherche Culture Média Lab (DICEN IDF, Université Paris Nanterre) du 19 février 2026.

    Les deux communications visent à interroger des points de rencontre entre les sciences de l’information et de la communication et le design. En mettant en avant une approche matérielle aux phénomènes communicationnels, elles se rejoignent sur la question : comment des dispositifs info-communicationnels dessinent et encadrent des pratiques collectives (pratiques énergétiques d’un côté, pratiques mémorielles de l’autre) ?

    « Communication et design de la participation énergétique : synecdoques et cybernétiques corporelles » 

    Irene De Togni. Post-doctorante à l’ENPC, LATTS.

    Cette communication présente une partie des travaux en cours dans le cadre du contrat post-doctoral pour le « Projet ADEME SOBREPOL – Politiques de sobriété énergétique dans la crise énergie-climat ». Elle se concentrera sur le cadre théorique, le corpus et la méthodologie d’analyse. L’analyse porte notamment sur le « plan de sobriété énergétique » de 2022-2023, et sur la campagne gouvernementale de communication-action grand public « chaque geste compte ». La campagne est étudiée à travers la question de la participation énergétique, dans une perspective où les objets info-communicationnels sont en même temps des médias qui engagent la participation citoyenne avec des modalités diverses et des représentations diverses de la planification et de la participation énergétique, des médiatisations plurielles, stratifiées et circulantes. Médiation technique et médiatisation de la sobriété mettent en lumière des aspects matériels, techniques et corporels précis qui posent autrement la question de la tension entre responsabilité individuelle et système sociotechnique (entreprise, collectivité territoriale, État, etc.) face au problème écologique à travers la question de l’incorporation des pratiques de participation énergétiques.

    « Plateforme, mémoire, et dispositif : une approche de recherche par le design des pratiques d’archivation LGBTQIA+ » 

    Dylan Fluzin. Doctorant en SIC et Design, DICEN IDF. 

    Le travail de thèse porte globalement sur les pratiques de mémoire et d’auto-documentation dans les communautés LGBTQIA+, en particulier à partir de contenus produits sur des plateformes comme Instagram. Cette présentation n’insistera pas tant sur le terrain lui-même que sur la manière dont la question est abordée méthodologiquement. L’idée serait de montrer que les plateformes ne sont pas considérées seulement comme des supports de contenus, mais comme des dispositifs techniques et informationnels dont le design influence concrètement la manière dont les communautés produisent, font circuler et conservent leurs traces. À partir de là, ce travail consiste à faire un double mouvement : analyser ces effets du design de plateforme sur les pratiques mémorielles, puis expérimenter en première personne, par des dispositifs de recherche par le design (ateliers, protocoles d’éditorialisation, transformations matérielles de données, etc.), des formes possibles d’archivation qui tiennent compte de ces contraintes.