Étiquette : plateformes

  • Participation au colloque international « Écrits ordinaires »

    Du 12 au 14 novembre 2025 se tiendra, à l’Université Paris Est Créteil, le colloque international « Écrits ordinaires : pratiques d’écriture et de lecture dans les espaces domestiques et publics ». Il est organisé par le réseau de recherche international « Le genre bref dans l’espace public » porté par les universités Paris 3-Sorbonne Nouvelle, Pau et les Pays de l’Adour, Gustave Eiffel et Aoyama Gakuin (Tokyo).

    J’y participerai avec une intervention intitulée « Rhétorique de l’écriture ordinaire en milieu numérique : le cas de la liste et de l’anthologisation des pratiques de la critique culturelle amateure ». Voici le résumé :

    Résumé

    Cette proposition de communication s’appuie sur un travail de thèse en sciences de l’information et de la communication. Elle étudie un objet sémiotique singulier, celui de la liste, comprise comme une forme sémiotique qui est, d’abord, observable sur nos écrans, qui, ensuite, déploie des modalités de socialisation dans des processus infocommunicationnels et qui, enfin, représente le lieu d’inscription d’un nombre de rapports de pouvoir qui se jouent dans ces processus. Listes d’amis sur les médias sociaux, rubriques des smartphones, menus déroulants, listes de diffusion, paniers des sites e-commerce, etcétéra : la production surabondante de listes au sein des médias informatisés met en évidence le symptôme d’une certaine anthologisation du numérique aussi bien que des pratiques que les technologies informatiques supportent et façonnent.

    Le milieu de la prescription de jugement en ligne, exhibe avec une particulière prépondérance ce devenir-liste des pratiques culturelles ordinaires, des objets culturels tout comme des profils. Ce travail se concentre sur le cas des plateformes de critique culturelle et sur un corpus d’analyse de neuf plateformes : GoodReads, Babelio, Livraddict, SensCritique, Letterboxd, Inducks, Wattpad, TYPEE et MUBI. Pour l’analyse de ce corpus, il est adoptée principalement une méthode pragmatique dite « sémio-rhétorique » (Bachimont & Bouchardon, 2023) qui combine une sémiotique des interfaces et une sémiotique des relations. Elle prend en compte les agents sémiotiques qui mobilisent les formes rhétoriques, au niveau le plus superficiel des interfaces numériques, dans des actes communicationnels avec autrui. Elle s’applique aux formes d’écriture des interfaces des plateformes, aux listes d’objets culturels et aux listes de profils notamment, pour déterminer leurs affordances et leur pouvoir d’action dans le cadre de participation spécifique à la construction du discours de la critique cultuelle en ligne.

    De l’analyse empirique dérive une modélisation de la liste informatisée comme une forme intermédiatique de l’écriture pratique. Dans le passage du régime graphique au régime numérique de l’écriture, cette technologie intègre des textualités diverses : l’architexte (Jeanneret & Souchier, 2005), le paratexte, l’hypertexte et le programme (Bachimont, 2010). Elle exhibe, ainsi, des nouveaux enjeux de structuration des connaissances et des sociétés informatisées tout comme de l’action des usagers des dispositifs d’écriture observés. Il en dérive aussi une typologie des affordances (le terme est introduit pour la première fois par le psychologue James J. Gibson dans The Theory of Affordances en 1977) numériques de la liste. Ces listes représentent, en fait, un outillage particulier aux activités de lecture et d’écriture ordinaires des publics des plateformes et instaurent des relations spécifiques entre les acteurs en jeu dans l’élaboration du discours critique en ligne. L’un des aspects qui émergent avec évidence c’est l’affordance participative que la liste développe, en opérant une intermédiation des processus d’écriture des plateformes. Le cas de Listopia, une fonctionnalité de la plateforme Goodreads, est particulièrement parlant, à cet égard.

    Depuis ses premières conceptualisations, la liste se nourrit d’une double théorisation anthropologique et linguistique (Goody, 1978 ; Hamon, 1993) qui l’associe à un régime d’écriture ordinaire et pratique (ou fonctionnelle), de l’ordre du faire. Cela à l’intérieur d’un milieu où les technologies scripturaires structurent des connaissances et des sociétés. À partir de cet ancrage théorique, cette communication étudie la liste comme une forme générative des activités collectives. Une telle économie scripturaire de la liste se comprend au sens d’une praxis, et inscrit son agentivité et les usages qu’elle supporte dans une réflexion éthique et politique. En d’autres termes, interroger la pratique de la mise en forme, de la mise en liste, au sein des environnements numériques, signifie sonder la discipline au sens foucaldien de l’écriture informatique qui passe par la liste. Par ailleurs, cela signifie aussi questionner la capacité de la forme à supporter le développement d’une agentivité, d’un pouvoir d’action, en référence non seulement à la littératie de Jack Goody mais aussi aux arts de faire de Michel de Certeau et de la sociologie française de la réception créatrice. Ces pouvoirs des listes s’observent, néanmoins, de manière spécifique dans les sociétés informatisées. Le numérique participe, en fait, de manière singulière au processus historique de codification des pratiques sociales porté par la scripturalisation. Les écrans nous présentent des formes sociales scripturaires, dont les listes font partie, qui intègrent une dimension opératoire spécifique et qui habilitent et conditionnent de façon singulière leurs usagers. Ces formes demandent, ainsi, une intelligibilité et une maitrise adaptées à de supports informatisés au sein desquels elles s’inscrivent et circulent. C’est en ce sens que le questionnement des listes numériques exhibe sa nature rhétorique et qu’il paraît judicieux d’élargir cette perspective rhétorique à l’analyse des configurations socionumériques.

    Bibliographie indicative

    Bachimont, B. (2010). Le sens de la technique : Le numérique et le calcul. les Belles lettres.

    Bachimont, B., & Bouchardon, S. (2023). Littératie et rhétorique numériques. Intelligibilité du Numérique, 4.

    Bertrand, P. (2015). Les écritures ordinaires : Sociologie d’un temps de révolution documentaire (entre royaume de France et empire, 1250-1350). In Les écritures ordinaires : Sociologie d’un temps de révolution documentaire (entre royaume de France et empire, 1250-1350). Éditions de la Sorbonne. https://books.openedition.org/psorbonne/29449

    Bonaccorsi, J., & Croissant, V. (2015). « Votre mémoire culturelle » : Entre logistique numérique de la recommandation et médiation patrimoniale. Le cas de Sens Critique. Études de communication, 45(2), 129‑148. https://doi.org/10.4000/edc.6467

    Bowker, G. C., & Star, S. L. (1999). Sorting things out : Classification and its consequences. MIT Press.

    Candel, É., Jeanne-Perrier, V., & Souchier, E. (2012). Petites formes, grands desseins. D’une grammaire des énoncés éditoriaux à la standardisation des écritures (p. 165‑201). Hermès-Lavoisier. https://shs.hal.science/halshs-01709086

    Certeau, M. de. (1980). L’invention du quotidien. I, Arts de faire (L. Giard, Éd.). Gallimard.

    De Togni, I. (2025). Rhétorique de la liste dans la plateformisation de la critique culturelle — Formes et outils d’écriture de la participation numérique [Thèse de doctorat, Université Paris Nanterre].

    Eco, U. (2009). Vertigine della lista. Bombiani.

    Fabre, D. (1993). Écritures ordinaires. Bibliothèque publique d’information, Centre Georges- Pompidou : P.O.L.

    Goody, J. (1978). La raison graphique : La domestication de la pensée sauvage (A. P. Bensa, Éd. ; J. Bazin & A. Bensa, Trad.). Éditions de Minuit.

    Goody, J. (2018). La logique de l’écriture : L’écrit et l’organisation de la société (A.-M. Roussel, Trad.). Armand Colin.

    Hamon, P. (1993). Du descriptif. Hachette supérieur.

    Jeanneret, Y., & Souchier, E. (2005). L’énonciation éditoriale dans les écrits d’écran. Communication & Langages, 145(1), 3‑15. https://doi.org/10.3406/colan.2005.3351

  • Intervention à la JE « Sciences avec et pour la société »

    Le 19 mai 2025 se tient à l’amphithéâtre Weber à l’Université Paris Nanterre la Journée d’études « Sciences avec et pour la société« . Evénement organisé dans le cadre du projet « Sciences in cité » label SAPS, en partenariat avec l’association Sciences Citoyennes. La journée vise à renforcer l’interconnaissance entre les équipes de l’UPN dont les recherches se dotent d’une dimension Science Avec et Pour la Société.

    Avec Benjamin Barbier, j’ai le plaisir de proposer une intervention intitulée « Plateformes contributives culturelles : bilan du projet ANR Collabora ». La présentation porte sur les axes du projet ANR Collabora, avec un focus sur l’Observatoire des plateformes contributives culturelles, qui représente le volet collaboratif du projet. Nous revenons sur les résultats quantitatifs et qualitatifs apportés par l’Observatoire en question.

    Je co-anime également l’ »Atelier 2 : Les plateformes contributives culturelles (Amphi Weber, présentiel) » dans la discipline : Sciences de l’information et de la communication. L’atelier propose une prise en main des plateformes contributives cultuelles, avec l’enjeu de se familiariser avec le regard critique porté par la recherche sur ce sujet. Quant à la méthodologie proposée, nous demandons aux participant(e)s de s’exercer à l’analyse des interfaces des plateformes, des profils et des contenus produits par les utilisateurs et ce, dans une démarche comparative de trois plateformes de critique dans le domaine du cinéma. Les participant(e)s seront divisé(e)s en groupes et une restitution aura lieu à la fin de l’atelier. Les profils de participant(e)s recherchés comprennent tout public, un intérêt pour le cinéma est un plus.

  • Intervention au séminaire des jeunes chercheur.euse.s, #SNDU2025

    Du 17 au 21 mars 2025, le Réseau des Urfist propose une série, intégralement à distance, de rencontres, ateliers, formations et webinaires pour outiller vos recherches. Les 7 Urfist invitent à découvrir ou compléter les connaissances sur l’intelligence artificielle, les fake sciences, les corpus textuels, ORCID, la publication en accès libre et les registered reports, les mèmes, la 3D, la gestion des photos et des images, etc.

    J’ai eu le plaisir d’intervenir au Séminaire jeunes chercheurs information scientifique #SNDU2025, tenu le 19 mars 2025, dans la Table ronde 3 : Communautés et mondes sociaux.

    Mon intervention, Rhétorique numérique et pouvoir d’action des formes d’écriture participative au sein des plateformes de critique culturelle, a porté sur mon travail de thèse. J’ai présenté l’étude les formes d’écriture et leur pouvoir d’action en contexte de participation numérique. La thèse se concentre sur un objet sémiotique singulier, celui de la liste, que j’analyse dans un corpus de neuf plateformes de critique culturelle. La liste est comprise comme une forme sémiotique qui est, d’abord, observable sur nos écrans, qui, ensuite, déploie des modalités de socialisation dans des processus infocommunicationnels et qui, enfin, représente le lieu d’inscription d’un nombre de rapports de pouvoir qui se jouent dans ces processus. À travers l’étude de cette forme, je propose le déploiement d’une rhétorique de l’écriture numérique et des processus de participation.

    Support de la présentation

  • Discours de soutenance de thèse

    Je partage mon discours de soutenance de thèse qui s’est tenue le 8 janvier 2025 à l’Université Paris Nanterre.

    Discours de Soutenance

    Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les membres du jury, chers collègues, chers amis,

    Je suis ravie de présenter devant vous, aujourd’hui, une thèse en sciences de l’information et de la communication intitulée Rhétorique de la liste dans la plateformisation de la critique culturelle — Formes et outils d’écriture de la participation numérique.

    Remerciements

    Je souhaiterais, avant tout, remercier les membres du jury d’avoir porté intérêt à mon étude et d’avoir accepté de participer à cette soutenance.

    Je tiens aussi à remercier sincèrement mes directrices de thèse, Marta Severo et Sarah Labelle, pour leur suivi attentionné et pour le soutien qu’elles m’ont apporté pendant ces années de doctorat.

    Je souhaite, par ailleurs, remercier le laboratoire Dicen et les membres du Culture Media Lab, grâce auxquels j’ai pu bénéficier de très bonnes conditions de travail, tout aussi bien scientifiques que humaines.

    Enfin, je remercie chaleureusement le public ici présent.

    Objet d’étude

    Je voudrais rentrer dans le vif du sujet en vous présentant mon objet d’étude et la problématique qu’il déploie. Dans mon travail de thèse, j’étudie un objet sémiotique singulier, celui de la liste, que j’analyse dans un corpus de neuf plateformes de critique culturelle. La liste est comprise comme une forme sémiotique qui est, d’abord, observable sur nos écrans, qui, ensuite, déploie des modalités de socialisation dans des processus infocommunicationnels et qui, enfin, représente le lieu d’inscription d’un nombre de rapports de pouvoir qui se jouent dans ces processus. Listes d’amis sur les médias sociaux, rubriques des smartphones, menus déroulants, listes de diffusion, paniers des sites e-commerce, etcétéra : la production surabondante de listes au sein des médias informatisés met en évidence, en première analyse, le symptôme d’une certaine anthologisation du numérique aussi bien que des pratiques que les technologies informatiques supportent et façonnent.

    Depuis ses premières conceptualisations, la liste se nourrit d’une double théorisation anthropologique et linguistique. Les études de Jack Goody et de Philippe Hamon notamment, l’associent à un régime d’écriture pratique, de l’ordre du faire. Cela à l’intérieur d’un milieu où les technologies scripturaires structurent des connaissances et des sociétés. À partir de cet ancrage théorique, j’étudie la liste comme une forme générative des activités collectives. Je comprends une telle économie scripturaire de la liste au sens d’une praxis, et j’inscris son agentivité et les usages qu’elle supporte dans une réflexion éthique et politique. En d’autres termes, interroger la pratique de la mise en forme, de la mise en liste, au sein des environnements numériques, signifie sonder la discipline au sens foucaldien de l’écriture informatique qui passe par la liste. Par ailleurs, cela signifie aussi questionner la capacité de la forme à supporter le développement d’une agentivité, d’un pouvoir d’action, en référence non seulement à la littératie de Jack Goody mais aussi aux arts de faire de Michel de Certeau et de la sociologie française de la réception créatrice.

    Ces pouvoirs des listes s’observent, néanmoins, de manière spécifique dans les sociétés informatisées. Le numérique participe, en fait, de manière singulière au processus historique de codification des pratiques sociales, processus porté par la scripturalisation. Les écrans nous présentent des formes sociales scripturaires, dont les listes font partie, qui intègrent une dimension opératoire spécifique et qui habilitent et conditionnent de façon singulière leurs usagers. Ces formes demandent, ainsi, une intelligibilité et une maitrise adaptées à de supports informatisés au sein desquels elles s’inscrivent et circulent. C’est en ce sens que le questionnement des listes numériques exhibe sa nature rhétorique et qu’il paraît judicieux d’élargir cette perspective rhétorique à l’analyse des configurations socionumériques.

    Pour répondre à cette problématique, j’avance deux hypothèses de travail. La première concerne l’opportunité d’une étude approfondie d’une forme pour déployer des considérations sur des processus scripturaires plus généraux. La liste m’a paru, dès les premières phases de l’analyse, comme l’une des figures centrales de l’écriture informatisée. En deçà des évolutions formelles et opérationnelles portées par l’automatisation de la liste, celle-ci semble se situer, pour l’écriture documentaire et technique, au même niveau de pertinence que la métaphore pour le régime mimétique de l’écriture.

    Cette première hypothèse m’a conduite à réaliser un travail sur les avatars intermédiatiques de la liste. Elle m’a portée à étudier comment les composantes de la liste et les opérations formelles d’ordre graphique qui l’animent se confrontent à des textualités nouvelles : le paratexte, l’architexte, l’hypertexte et le programme. Le mouvement de cette liste informatisée est au cœur de la dimension anthologique propre au numérique, déjà soulignée par Milad Doueihi. De ceci, ils ressortent des enjeux d’éditorialisation, d’architecture de l’information et de taxinomie populaire.

    La seconde hypothèse de travail prend en compte le pouvoir de la liste dans sa vie sociale. Elle propose une politique de cet outil d’écriture qui s’épanouit dans les pratiques participatives en ligne. À l’appui du fait que la liste présente un grand nombre d’incidences avec les pratiques participatives depuis ses origines, j’ai étudié une dimension sociale particulière de la liste, au moment où elle se politise comme un outil de participation. À côté des effets d’organisation des connaissances et des sociétés revendiquées par Jack Goody et par les études info-communicationnelles, la liste porte en elle, dans son design, dans sa pragmatique, une proximité avec la gestion de la pluralité et la mise en relation procédurale des éléments qu’elle constitue en items. La liste, en ce sens, m’a servi d’appui à une interprétation de la pratique sociopolitique de la participation qui se scripturalise sur les médias informatisés, et notamment de sa configuration la plus récente, celle des plateformes.

    Cette deuxième hypothèse m’a portée à une superposition opératoire entre la notion de forme d’écriture et d’outil de participation, entre les métamorphoses formelles et une performativité particulière des formes d’écriture informatisées. À l’aide du courant pragmatiste des études anthropologiques sur la participation matérielle, j’ai situé l’étude des formes d’écriture au sein d’un milieu d’encodage technique pluriel et stratifié des processus de participation.

    Deux notions ressortent notamment de la discussion théorique : le toolmaking, d’abord, c’est-à-dire la pratique de la participation outillée qui parait dans les années 1990 et qui constitue l’ossature des plateformes d’aujourd’hui. Ce toolkit comprend les outils matériels de participation aussi bien que la dimension de leur socialisation, comprise comme essentielle à leur développement. Il fait le pont entre la standardisation des écritures et les créativités nouvelles portées par la spécialisation fonctionnelle des usagers qui s’approprient de l’outil. La notion d’affordance, ensuite, est définie en lien avec la matérialité numérique de l’objet sémiotique d’étude et la dimension de sa réception créatrice. Elle m’a permis de relier les questions de la littératie numérique aux enjeux d’appropriation des outils des plateformes. J’ai, ainsi, situé les affordances que les technologies d’écriture déploient en contexte de participation numérique, au centre de la capacitation des publics et de l’innovation technologique des dispositifs.

    Méthode et corpus analysé

    J’en viens maintenant à la présentation du corpus et de la méthode d’analyse adoptée pour cette thèse. Le milieu de la prescription de jugement en ligne, exhibe avec une particulière prépondérance un devenir-liste des objets culturels tout comme des profils. J’ai analysé, alors, le cas des plateformes de critique culturelle, qui se constituent comme un espace de prise de parole critique, en milieu informatisé, à partir du milieu des années 1990.

    La constitution de mon corpus d’analyse s’est déroulée en trois phases et suit une démarche de délimitation progressive de mon échantillon. La première consiste dans l’exploration des sites web qui exercent une activité collective de critique culturelle. J’ai recensé cent-dix dispositifs qui établissent un état des lieux de l’actualité de la critique culturelle participative sur le Web. J’y ai constaté la présence de formes sociales récurrentes traduites par ces sites. La transversalité de la forme du catalogue, parmi celles-ci, constitue en quelque sorte le squelette de ces dispositifs. La morphologie de la production participative de la critique se différencie, à cet égard, de formes non participatives. La deuxième phase comporte l’application, à ces sites, de grilles d’analyse pour comparer leur morphologie et leur dimension sociale, aussi bien que l’application d’un nombre de critères de restriction du corpus. J’ai, de cette manière, identifié vingt-cinq dispositifs (entre les cent-dix) qui décrivent l’environnement existant des plateformes de critique culturelle. Ce phénomène de plateformisation est, également, en jeu dans des plateformes qui ne se décrivent pas comme primairement critiques, mais qui contiennent en leur sein un discours critique plus ou moins largement appuyé sur des listes.

    La troisième phase conduit à l’extraction d’un échantillon encore plus restreint de neuf plateformes, que j’ai retenues pour l’étude proprement qualitative. Il s’agit (je dresse une liste) de GoodReads, Babelio, Livraddict, SensCritique, Letterboxd, Inducks, Wattpad, TYPEE et MUBI. Parmi les plateformes retenues, émergent des cas paradigmatiques qui m’ont permis d’étudier des tendances de la plateformisation de la critique culturelle, aussi bien que son évolution. Il s’agit de l’Inducks, créée au milieu des années 1990, qui montre une configuration embryonnaire du phénomène. Il s’agit notamment de Goodreads, achetée par Amazon en 2013, qui se positionne au sommet de la marchandisation des formes de la critique littéraire amateure. J’ai réalisé, pour cette dernière, une étude approfondie afin de déconstruire le façonnement, de nature rhétorique, qui travaille à l’orientation participative des listes.

    Pour l’analyse de mon corpus, j’ai adopté principalement une méthode « sémio-rhétorique ». Elle dérive de l’analyse pragmatique proposée par Bachimont et Bouchardon dans un article de 2023 et combine une sémiotique des interfaces et une sémiotique des relations. Elle prend en compte les agents sémiotiques qui mobilisent les formes rhétoriques, au niveau le plus superficiel des interfaces numériques, dans des actes communicationnels avec autrui. Je l’ai appliquée aux formes d’écriture des interfaces des plateformes pour déterminer leurs affordances et leur pouvoir d’action.

    Dans le cadre du projet de recherche ANR Collabora, qui a accueilli le financement de mon doctorat, j’ai mené un travail ethnographique et hybride, hors-ligne et en ligne, pour la plateforme Inducks. Ce travail n’a, toutefois, pas trouvé sa place au sein de cette thèse, pour de choix d’homogénéisation des méthodes d’analyse du corpus. Pour la plateforme Goodreads, au fur et à mesure que se consolidait le choix de mener pour ce cas représentatif une étude approfondie, j’ai mis en place une pratique participante en ligne, avec la création d’un profil utilisateur. Ma démarche nethnographique s’est focalisée sur la création de listes et sur l’interaction avec les usagers, notamment par l’inscription à des groupes de discussion et par le recours à la messagerie et aux commentaires. Cette pratique a vite consolidé un intérêt pour le test de l’outil et la mise en scène de soi, au sein de la suite des pages de création de listes d’objet ou de profils. Je me suis intéressée, ainsi, à l’activité générée par les divers types de listes créées, notamment pour observer les modalités d’alimentation plurielle des listes, de vote ou participatives, d’un point de vue de créateur de la liste.

    Ancrage disciplinaire et apports scientifiques

    Je passe, à ce stade de mon discours, à la présentation des apports scientifiques de mon travail de thèse. Un premier apport à la discipline des sciences de l’information et de la communication concerne le rapprochement de l’écriture numérique avec les enjeux et les démarches de la théorie littéraire. Je vise, notamment, à éclairer une dimension rhétorique de l’écriture numérique qui tiendrait ensemble une sémiotique et une conception sociotechnique des objets informatisés. Je propose, aussi, une théorie de l’action des formes qui prend en compte le « faire » et le « faire faire » des formes et des genres de l’écriture médiatique. L’insistance sur l’aspect pratique de l’écriture, m’a permis d’élargir les questions de l’épistémologie du support à la dimension active et opératoire des formes d’écran.

    Un troisième propos a été de faire dialoguer de diverses approches info-communicationnelles de l’écriture numérique, en soulignant leur complémentarité. Convergent, ainsi, dans la réflexion sur les affordances informatisées des formes d’écriture, les théorisations des écrits d’écran, l’architecture de l’information, la raison computationnelle et la pensée de l’éditorialisation. Dans l’espoir de ne pas avoir désorienté la lecture, j’ai fait le choix, en raison de cette complémentarité, de mobiliser selon le contexte de diverses terminologies qui sous-entendent des organisations diverses des éléments à l’écran, telles écrits d’écran et formes numériques, ou écriture numérique et médias informatisés.

    L’un des aspects qui émergent avec évidence, de l’analyse empirique que j’ai menée, c’est l’affordance participative que la liste développe, en opérant une intermédiation des processus d’écriture participative. Le cas de Listopia, une fonctionnalité de la plateforme Goodreads, est particulièrement parlant, à cet égard. Dans cet exposé, je me concentrerai, ainsi, sur un cas d’étude précis de mon corpus. Listopia se présente essentiellement comme un catalogue éditorialisé et comme un moteur de recommandation de listes de livres de nature diverse. Elle présente, également, les architextes de création des listes et propose à l’usager leurs instructions d’usage. Pour le dire autrement, Goodreads regroupe, au sein du seul onglet Listopia, l’ensemble des productions d’une même forme de la contribution, la liste, et les outils pour les créer. Sa configuration exploite ce que j’ai défini une affordance architecturale de la liste, en proposant, ainsi, un emploi récursif de l’outil qui se traduit dans une « liste de listes ».

    Une telle organisation architecturale de l’information et des activités de participation, se reflète sur les modalités de circulation de la forme et sur les modalités de socialisation que la forme véhicule. C’est-à-dire que les publics, induits à se concentrer sur une seule forme, deviennent des spécialistes de la production des listes et font ressortir, en dépit de l’incitation à la production sériée produite par Goodreads, des nouvelles créativités d’emploi. À l’instar d’autres onglets de la plateforme, telle la bibliothèque personnelle ou le forum de discussions, Listopia incarne, en fait, un une organisation hypertextuelle qui génère des modalités participatives déterminées. Elle engendre, notamment, une forme de socialisation autour de l’outil comme modalité participative de sa reproduction spécialisée.

    J’ai montré, en ce sens, que l’appropriation rhétorique des outils d’écriture touche aussi à la dimension architecturale des formes, c’est-à-dire, à la dimension qui règle l’agencement des pages des sites et leur succession dans les parcours de navigation. En d’autres termes, en plus qu’une liste de classement thématique ordonnée par un système de votes, comme voudrait l’emploi suggéré par la plateforme, on y produit de listes diverses : de sondages, de demandes de conseils de lecture personnalisés, de crowdsourcing, de listes éditoriales qui enrichissent les métadonnées d’indexation d’un livre, des transpositions systématiques des contenus provenant d’autres sites, pour ne citer que quelques exemples. Les usagers se servent, en plus, des fonctionnalités de Listopia pour inventer des lieux et de motifs de transcription dans la durée de leurs pratiques qui se sédimentent dans les architextes et dans l’architecture de la plateforme. J’ai interprété ces onglets dédiés aux listes comme une nouvelle occasion matérielle de se constituer comme public. Par ces listes participatives, telle Listopia, en fait, les divers agents sémiotiques instaurent des stratégies de reconception, c’est-à-dire de conception sociale des outils d’écriture qui passent par des pratiques d’appropriation et de retransmission de listes. Ces sections fonctionnement comme des véritables laboratoires d’écriture numérique participative, non seulement de l’outil d’écriture, mais aussi d’un nombre de fonctionnalités de la plateforme elle-même, réinventées par un emploi détourné des listes.

    Poursuite des travaux

    Je m’apprête à conclure ma présentation avec le projet d’un développement possible de mes travaux. J’aimerais notamment poursuivre sur une politique des formes numériques d’écriture et sur une conception sociale des dispositifs scripturaires. Cette approche pourrait, d’une part, s’enrichir d’un nombre de réflexions épistémologiques sur le façonnement technique de l’écriture qui n’ont pas trouvé leur place dans ce travail. D’autre part, il pourrait évoluer vers l’intégration d’une pratique de recherche-création sur l’écriture numérique participative. La liste comme objet d’étude info-communicationnelle suggère l’élaboration d’une rhétorique numérique qui intégrerait un nombre croissant de formes sociales scripturales et relationnelles des médias informatisés. Elle ne peut s’établir qu’en concomitance avec d’autres travaux en sciences de l’information et de la communication et en études littéraires.

    Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les membres du jury, je vous remercie pour votre attention et me tiens à votre disposition pour répondre à vos questions.

  • Projet de recherche « Généricité des plateformes et littératie numérique »

    « Généricité des plateformes et littératie numérique » est un projet de recherche initié en 2021 et terminé en 2023 qui nait d’une collaboration entre moi et Cécile Payeur, Maîtresse de Conférences en Sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris Nanterre. Le projet propose une réflexion sur le genre et la généricité dans le processus de conception et de développement des plateformes et notamment en contexte d’écriture numérique participative. Il vise à consolider une méthodologie d’enseignement autour de la conception de plateformes participatives qui se concentre sur les potentialités de conception des formes des utilisateurs et à développer des modèles de plateformes participatives évolutives.

    Généricité des plateformes et littératie numérique

    Co-porteurs du projet : Cécile Payeur, Maîtresse de Conférences en Sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris Nanterre & Irene De Togni, Doctorante en Sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris Nanterre

    Durée : 2021-2023

    Résumé : Avec l’émergence du phénomène de plateformisation dans le domaine de la culture se pose la question de l’implication de l’utilisateur dans la production de savoir et des processus de capacitation générés par sa participation. À travers une analyse sur plusieurs niveaux de l’écriture numérique, ces travaux interrogent les dynamiques de proposition de formes génériques et les pratiques de réinvestissement plus ou moins transformatif de ces formes dans une perspective où la participation des utilisateurs ainsi outillée s’étend, via leur activité de consommation et production de texte et d’interprétation des formes génériques proposées, au design des plateformes. Les travaux s’appuient, d’un côté, sur une activité d’enseignement et de suivi de projets étudiant.e.s de conception et de développement de plateformes et, de l’autre, sur une activité de recherche finalisée à la publication et à la communication scientifiques autour de thèmes de littératie et rhétorique numériques.

    Mots-clefs : Écriture numérique, généricité, plateformes, genre, génération textuelle et logicielle, littératie numérique, participation

    Contact : cecile.payeur@parisnanterre.fr & detogni.i@parisnanterre.fr

    Site Web : Culture Media Lab

    Axes du projet

    Le projet prévoit une réflexion autour de quatre axes principaux :

    • La généricité et l’air de famille conceptuelle autour du genre d’écriture comprenant « genre », « générique », « généricité » et « génération ». Cet axe interroge les écritures numériques et la production de contenus en relation avec des éléments génériques telles que le degré d’abstraction, de standardisation, d’adaptabilité ou d’interopérabilité d’une forme. Elle interroge notamment les rapports entre genre et génération « textielle » (Mayeur & Desprès-Lonnet, 2020). Nous visons à approfondir le dialogue avec des théorisations en écriture numérique autour de l’architexte (Jeanneret & Souchier, 2005) ou de la « generativity » (Zittrain, 2019).
    • La littératie numérique (Bachimont & Bouchardon, 2023) qui indique le degré de intelligibilité et de maîtrise des formes d’écriture numérique ou logicielle et le rapport, au sein d’un contexte social élargi, de ce savoir et savoir-faire avec le pouvoir. Elle comprends des éléments d’appropriation critique des outils pour la composition de formes de la part des concepteurs et des utilisateurs. Deux niveaux se prêtent donc à l’observation : le travail des concepteurs des plateformes attentifs au rôle des utilisateurs et les pratiques des utilisateurs pouvant intervenir dans restructuration de l’écriture au sein des dispositifs numériques préconçus. Cela dans une relation de mise en abyme des écritures numériques. La littératie numérique comprend également des éléments pédagogiques d’alphabétisations aux écritures numériques de la part, encore une fois, des étudiants en design des plateformes et de leur utilisateurs.
    • L’écriture numérique, comprise dans sa définition large de conception de plateformes et des pratiques d’écrilecture (Broudoux, 2018) qui composent les usagers de ces plateformes. C’est en ce sens que nous entendons les écritures numériques participatives, des pratiques où le jeu de structuration et de restructuration de la participation via les appropriations des formes proposées est toujours en cours.
    • La participation, intrinsèque à l’écriture des plateformes, étudiée du point de vue de la conception et de l’utilisation. La conception, d’un côté, prenant en compte le pouvoir créateur de l’usager et les utilisateurs, de l’autre, qui sont apriori immergés dans une dynamique participative au sein des plateformes. Quels paradigmes participatifs s’instaurent au sein des plateformes étudiées et quelles pratiques s’y développent ?

    Supports étudiés

    • Plateformes contributives culturelles
    • Plateformes participatives et contributives de critique culturelle
    • L’étude vise à s’étendre à d’autres types de dispositifs participatifs

    Types de livrables

    Méthodologie d’enseignement

    Les cours portent sur une conception critique et « littrée » de plateformes numériques au sein de projets tuteurés avec les étudiants du Master DEFI de l’Université Paris Nanterre.

    Projet tuteuré — Généricité des plateformes et littératie numérique, Co-encadrement Cécile Payeur et Irene De Togni, TD, 10h, Master 2 Documents Electroniques et Flux d’Informations, Université Paris Nanterre, 2021-2022 et 2022-2023

    Descriptif du cours : l’enjeu de ce travail est de réfléchir sur le développement d’une littératie numérique du point de vue du concepteur des sites et du point de vue des utilisateurs. Cette littératie se constitue par l’identification des formes « standard » typiques de l’écriture numérique qui peuvent être reconnues et manipulées par un grand nombre d’utilisateurs et par la possibilité donnée à ces utilisateurs de réinvestir ces formes de manière innovante, de participer en ce sens au design des plateformes. Via des méthodes d’observation et de constitution d’une « grammaire » de formes et d’agencements possibles de ces formes pour la composition de sites, les étudiants développent un modèle de plateforme de critique culturelle centrée sur la mise à disposition pour l’utilisateur d’outils pour le développement et la conception. L’attention sera mise sur la littératie de l’utilisateur et sur sa capacité à produire des innovations formelles et au niveau des usages. 

    Le travail se concentre sur un genre spécifique de discours sur le web, celui de la critique culturelle. Ce discours porte avec soi un héritage de formes et de modalités traditionnelles de se réaliser (la chronique, l’avis, le bouche à oreille, l’évaluation, les classements, les florilèges, les prix, …) et des modalités spécifiques de se « textualiser » sur le web, d’être mis en forme au sein des pages d’écran. Le corpus se compose de plateformes de critique culturelle participative sur le web : Babelio, LibraryThing, Goodreads, Livraddict, Decitre, pour la critique littéraire ; SensCritique, RottenTomatoes, pour la critique cinématographique et télévisée. 

    L’activité proposée suit plusieurs phases : 

    • Repérer les formes génériques de la critique culturelle. Une phase de décortication de la plateforme via le repérage des formes qui la composent et qui qualifient le genre de discours spécifique à la critique culturelle : les « petites formes » selon la définition de Étienne Candel (les boutons, les likes, les barres de recherche, les tags, …), les formes rhétoriques composées (les listes, les commentaires, les fils d’actualité, …), les modules dont la plateforme se compose (espace du profil, de recommandation, forum, …). Il est important d’observer également où se situent ces formes et quelle est leur fonction au sein de la plateforme. 
    • Observer l’évolution de ces formes génériques. L’observation des interfaces peut être complétée par une démarche diachronique sur les archives web (Way Back Machine, Internet Archives). Ces deux phases portent à la constitution d’un modèle générique des plateformes de critique culturelle composé de formes standard employées pour ce discours. 
    • Concevoir et développer une interface « générique » qui laisse à l’utilisateur de la marge pour la conception. Travailler sur les architextes de création des formes et sur les champs de saisie libre qui permettent la personnalisation. 

    Projet tuteuré — Généricité des plateformes, Cécile Payeur, TD, 10h, Master 2 Documents Electroniques et Flux d’Informations, Université Paris Nanterre, 2020-2021

    Publications d’articles scientifiques

    Les publications portent sur les rapports entre genre et génération en écriture numérique et en Sciences de l’information et de la communication.

    De Togni, I., Payeur, C. (2023). Formes discursives et design génériques dans les plateformes participatives de critique culturelle. Revue Intelligibilité du Numérique, 4. ⟨hal-04117493⟩

    Résumé de la publication : avec l’émergence du phénomène de plateformisation dans le domaine de la culture se pose la question de l’implication de l’utilisateur dans la production de savoir et des processus de capacitation générés par sa participation. À travers une analyse sur plusieurs niveaux de l’écriture numérique, nous interrogeons les dynamiques de proposition de formes génériques et les pratiques de réinvestissement plus ou moins transformatif de ces formes dans une perspective où la participation des utilisateurs ainsi outillée s’étend, via leur activité de consommation et production de texte et d’interprétation des formes génériques proposées, au design des plateformes. Ce travail s’appuie sur le corpus d’une thèse en cours, constitué de plateformes participatives de critique culturelle, et sur des recherches développées au sein du projet ANR-Collabora sur les aspects de généricité et de génération des dispositifs info-communicationnels.

    Mots-clés : littératie numérique, design, plateformes, genre, liste, écrilecteur-designer

    Intervention dans des colloques scientifiques

    En cours

    Conception et développement d’une plateforme participative générique de critique culturelle

    En cours

    Résultats attendus

    • Apporter une réflexion théorique autour des rapports entre genre et génération en écriture numérique et en Sciences de l’information et de la communication.
    • Dans une perspective de recherche-action : consolider une méthodologie d’enseignement portant sur une conception critique de plateformes.
    • Dans une perspective de recherche-création : développement d’une plateforme générique et des protocoles de co-desing participatif des plateformes.

    Méthodologie

    • Méthode sémiologique d’analyse d’interfaces numériques s’appuyant notamment sur la sémiologie des écrits d’écran et sur une ethnographie de la participation numérique. Cette méthode est tirée d’un travail de thèse en cours autour des formes d’écriture numérique participative.
    • Méthode sociologique avec des entretiens à la fois à des utilisateurs et à des concepteurs sur leurs pratiques d’écriture numérique (Davallon et al., 2012) et le choix de formes. 
    • Méthodologie d’analyse trans-plateforme et diachronique pour l’étude de l’évolution des formes (WayBack Machine, Internet Archives)
    • Méthode sémiologique d’analyse du code informatique.

    Dates clés

    2023 : Publication dans la revue Intelligibilité du numérique, 4.

    2022-2023 : Projet tuteuré pour les Master DEFI « Généricité des plateformes et littératie numérique », Université Paris Nanterre

    2021-2022 : Projet tuteuré pour les Master DEFI « Généricité de plateformes », Université Paris Nanterre

    2020-2021 : Projet tuteuré pour les Master DEFI « Généricité de plateformes », Université Paris Nanterre

    Bibliographie indicative

    Bachimont, B. & Bouchardon, S. (2023). Littératie et rhétorique numériques. Revue Intelligibilité du numérique, 4 https://doi.org/10.34745/numerev_1924

    Badiou, A. (1992). L’écriture du générique. Dans Conditions (pp. 328-367). Seuil. 

    Broudoux, E. (2018). Écrilecture : la littératie informationnelle à la croisée de l’offre et des services des intermédiaires. Revue française des sciences de l’information et de la communication, 15. https://doi.org/10.4000/rfsic.4738

    Bullich, V., Guignard, V. (2016). Les plates-formes de contenus numériques : une nouvelle intermédiation ?. La culture et ses intermédiaires. Dans les arts, le numérique et les industries créatives. hal-01940632

    Caffari, M., Mohs, J. (2018). Écritures contemporaines et processus dialogiques. A contrario, 27, 3-20. https://doi.org/10.3917/aco.182.0003

    Candel E., Jeanne-Perrier V., Souchier E. (2012). Petites formes, grands desseins. D’une grammaire des énoncés éditoriaux à la standardisation des écritures. Dans J. Davallon (dir.), L’économie des écritures sur le web (pp. 165-201). Hermès-Lavoisier.

    Crozat, S., Bachimont, B., Cailleau, I., Bouchardon, S. & Gaillard, L. (2011). Éléments pour une théorie opérationnelle de l’écriture numérique. Document numériqueVol. 14, p. 9-33.

    Davallon, J., Despret-Lonnet, M., Jeanneret, Y., Le Marec, J., Souchier, E. (2003). Lire, écrire, récrire : Objets, signes et pratiques des médias informatisés, Nouvelle édition, Éditions de la Bibliothèque publique d’information. https://doi.org/10.4000/books.bibpompidou.394.

    Genette, G., Jauss, H. R., Schaeffer, J.-M., et al. (1986). Théorie des genres, Seuil.

    Goyet, S. (2017). Outils d’écriture du web et industrie du texte: Du code informatique comme pratique lettrée. Réseaux, 206, 61-94. https://doi.org/10.3917/res.206.0061

    Goody, J. (1979). La Raison graphique, les Éditions de Minuit.

    Goody, J. (2017). La logique de l’écriture: L’écrit et l’organisation de la société. Armand Colin. https://doi.org/10.3917/arco.goody.2018.01

    Jeanne Perrier, V. (2006). Des outils d’écriture aux pouvoirs exorbitants ?. Réseaux, no 137 https://www.cairn.info/revue–2006-3-page-97.htm

    Jeanneret, Y., Souchier, E. (1999). Pour une poétique de l’écrit d’écran. Xoana, n° 6, 97-107.

    Jeanneret, Y. (2007). Logistiques de l’écrit. Médium, 10, 41-50. https://doi.org/10.3917/mediu.010.0041

    Jeanneret, Y. (2014). Critique de la trivialité. Les médiations de la communication, enjeu de pouvoir. Éditions Non Standard.

    Kelty, C. M. (2019). The Participant. A Century of Participation in Four Stories. The University of Chicago Press.

    Kelty, C. M. (2012). From Participation to Power. Dans The Participatory Cultures Handbook. Routledge.

    Leadbeater, C. Millet, P. (2004). The Pro-Am Revolution: How Enthousiasts are changing our Economy and Society. Demos.

    Le Deuff, O. (2012). Littératies informationnelles, médiatiques et numériques : de la concurrence à la convergence  ?. Études de communication 38. https://doi.org/10.4000/edc.3411

    Mayeur, I., Desprès-Lonnet, M. (2020). Aux origines du textiel. Entretien avec Marie Després-Lonnet, Corela, HS-33 https://doi.org/10.4000/corela.11756

    Maingueneau, D. (2013). Chapitre 4 – Genres de discours et web : existe-t-il des genres web ?. Dans B. Christine (dir.), Manuel d’analyse du web en Sciences Humaines et Sociales (pp. 74-98). Armand Colin. 

    Payeur, C., Chupin, L. (2020). Génération et généricité des plateformes de valorisation participative du patrimoine numérisé. Dans M. Severo (dir.), actes du colloque La fabrique de la participation culturelle. Plateformes numériques et enjeux démocratiques, 4ème trimestre.

    Paveau, M.-A. (2017). L’analyse du discours numérique. Dictionnaire des formes et des pratiques. Hermann, coll. « Cultures numériques ». ISBN : 978-2-7056-9321-3

    Petit, V., Bouchardon, S. (2017). L’écriture numérique ou l’écriture selon les machines. Enjeux philosophiques et pédagogiques. Communication & langages, 191, 129-148. https://doi.org/10.3917/comla.191.0129

    Severo, M., Shulz, S., Thuillas, O. (2022). Culture en partage. Guide des plateformes contributives culturelles, FYP éditions.

    Simondon, G. (1958). Du mode d’existence des objets techniques. Aubier Philosophie.

    Vitali-Rosati, M. (2020). Qu’est-ce que l’écriture numérique ?. Corela [En ligne], HS-33. https://doi.org/10.4000/corela.11759

    Zacklad, M., Catoir-Brisson, M.-J. (2021). Culture de la conception et du design dans la recherche-intervention en SHS. Revue française des sciences de l’information et de la communication 23. https://doi.org/10.4000/rfsic.11860

    Zacklad M., Arruabarrena B., Berthiniet-Poncet A. et al. (2021). Les labs d’innovation interne : typologie des innovations, approche plateforme, rôle du design. Approches Théoriques en Information-Communication (ATIC), 2021/1 (N° 2). 10.3917/atic.002.0127

    Zittrain, J. (2008). Generativity: The Future of the Internet-And How to Stop It. Yale University Press.