Intervention au séminaire du groupe E4C

Je suis ravix de présenter avec Claire Le Renard (LATTS) les travaux en cours sur la médiatisation de la sobriété énergétique. Le séminaire sur « L’écologisation des consommations comme pratique collective » aura le lieu le vendredi 25 septembre 2026 14h-16h30 (accueil café à 13h30) à l’espace Léonard, 6 Pl. du Colonel Bourgoin, 75012 Paris. Il est organisé par les membres de la RA4 (Research Action sur l’action individuelle et collective pour l’énergie) au sein du Centre interdisciplinaire Energy4Cimate de l’Institut Polytechnique de Paris.  

Les intervenants et intervenantes :

  • Ivaylo Petev (CREST), La conversion écologique des Français (titre provisoire)
  • Claire Le Renard (LATTS), avec Irene De Togni (LATTS) : « La dimension collective du « plan de sobriété énergétique » de 2022-23 : communication publique et participation matérielle » (« The collective dimension of the 2022-2023 French ‘energy sufficiency plan’ : public communication and material participation »)
  • Marion Leroutier (CREST), avec Ondine Berland (LSE): « Les différences d’empreinte carbone selon la dimension de genre : mesure, déterminants et implications » (« The Gender Gap in Carbon Footprints: Determinants and Implications »)

Nous présenterons une publication en cours autour du minimalisme et des pratiques corporelles soustractives :

Résumé

Cet article analyse le plan de sobriété énergétique français de 2022-23 comme un moment extraordinaire de « minimalisme de masse », support à un changement notable de pratiques énergétiques. Combinant enquête sociologique et analyse de la communication publique, il examine une politique publique qui a visé la réduction du niveau de chauffage des bâtiments et qui a mobilisé les corps des citoyen·ne·s, entre pratiques vestimentaires et gestes quotidiens. L’enquête qualitative révèle une réception positive des pratiques soustractives, valorisées comme capacité à « faire attention » et responsabilité collective, indépendamment des convictions écologiques. L’analyse sémiotique d’un corpus de presse et de vidéos YouTube montre que la communication gouvernementale a mis en scène les corps ministériels pour déplacer la norme statique du confort thermique, et a fait du « petit geste » une synecdoque politique du corps citoyen pour l’inviter à la participation. En mobilisant les théories des pratiques sociales et de la participation matérielle, nous concluons que ce déplacement dépasse les comportements individuels pour engager des pratiques, définies comme des agencements de compétences, de significations et de matérialités. La conclusion interroge les facteurs qui ont permis une réception favorable de cette politique environnementale.

Mots-clés

sobriété énergétique, participation matérielle, communication publique, corps, changement des pratiques