Mes activités de recherche trouvent leur ancrage dans les Sciences de l’information et de la communication, après un parcours pluridisciplinaire en Philosophie et Théorie littéraire. Dans le cadre de mon post-doctorat, j’ai la chance de travailler sur des questions de communication politique et notamment sur la publicisation, la médiatisation et la politisation de la notion de sobriété énergétique. J’alterne des méthodes d’analyse de contenus et d’analyse quantitative de corpus textuels.

Mes thématiques de prédilection, dans mon parcours doctoral, touchent à la participation numérique, à la critique culturelle, à la technicisation de l’écriture, à la rhétorique numérique et notamment à la forme de la liste dans sa dimension intermédiatique. Lors de mes travaux de thèse je me suis progressivement rapprochée des méthodes d’analyse qualitative de matrice sémiologique. Mes recherches m’ont également amenée à m’intéresser aux architextes et à la place du genre en conception numérique. Dans le cadre du projet ANR Collabora je m’intéresse, enfin, aux sciences participatives, aux pratiques amateur en milieu numérique et aux plateformes numériques.

Principaux thèmes et sujets de recherche

Thèse intitulée : « Technologies d’écriture de la participation numérique — rhétorique de la liste dans la plateformisation de la critique culturelle », 2019-2024.

Résumé : Cette thèse étudie les technologies d’écriture et leur pouvoir d’action en contexte de participation numérique. Elle se concentre sur la forme de la liste que nous analysons dans un corpus de neuf plateformes de critique culturelle. Les formes numériques ressortent d’une trivialité intermédiatique et d’une histoire de matérialisation des processus participatifs, mis en relief par le tournant matériel des études sur la participation et par l’épistémologie du support d’inscription, dont l’informatisation et la plateformisation ne seraient que les derniers volets. La liste s’intègre à un paradigme de participation outillée où la forme d’écriture se socialise par un toolkit, une boite à outils contenant des outils et les moyens de leur retransmission. Transposée en milieu technique numérique, la liste se confronte à de textualités computationnelle, hypertextuelle, paratextuelle et architextuelle qui en modifient configuration et affordance et qui transforment les modalités d’appropriation et l’agentivité des usagers. L’analyse empirique montre que la liste informatisée est une modalité d’encodage technique de l’équipement collectif de l’intelligence et de la production participative de savoir. L’anthologisation des pratiques de critique culturelle s’observe dans de pratiques d’indexation, de navigation et de conception sociale. Outre que la taxinomie populaire et le bookmarking social, la participation matérielle encodée par la liste engendre des formes d’écriture participative par un usage récursif des outils d’écriture écrits. La conception sociale représente une évolution de la littératie numérique des publics des plateformes. La mise en liste s’exploite également par la rhétorique marchande que nous présentons dans le cas d’étude approfondie de GoodReads.

Méthodologie : Nous nous servons d’une méthode sémio-rhétorique pour déterminer ces métamorphoses formelles et fonctionnelles. Elle dérive principalement de l’analyse pragmatique et combine une sémiotique des interfaces et une sémiotique des relations. Nous prenons en compte les agents sémiotiques qui mobilisent les formes rhétoriques au niveau le plus superficiel des interfaces numériques dans des actes communicationnels avec autrui.

Mots clefs : liste, technologie intellectuelle, forme rhétorique, affordance, écriture numérique, participation numérique, plateforme, critique culturelle

« L’Inducks comme dispositif contributif culturel, » ANR Collabora, 2019-2021.

Sujet de recherche : Éditorialisation, plateformes contributives cultuelles, collection numérique, usage professionnel, amateur

Résumé : L’Inducks est un index éditorialisé des bandes dessinées Disney conçu au milieu des années 1990 et alimenté chaque jour par des amateurs de vingt-sept pays. Il est devenu, avec le temps, un outil de travail irremplaçable pour les professionnels du secteur. Nous interrogeons l’histoire et l’impact de la collection numérique sur la production éditoriale, le processus de documentarisation contributive qui s’opère au sein de la plateforme, les usages professionnels d’une création amateure. Ces travaux naissent dans le cadre de recherche de l’ANR Collabora et à partir d’une formation en alternance de dix mois au sein de la rédaction française de la bande dessinée Disney, Disney Hachette Presse, entre septembre 2018 et mai 2019. Ils s’appuient sur des méthodes qualitatives d’analyse d’interfaces numériques et sur une enquête ethnographique qui combine l’observation participante, la réalisation de questionnaires et d’entretiens. Ce travail porte à trois interventions dans des colloques et à une publication.

Participation à des projets de recherche

SOBREPOL – Politiques de la sobriété énergétique dans la crise de l’énergie-climat, École nationale des ponts et chaussées – IPP, Laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés (LATTS)

Co-porteurs du projet : Claire Le Renard (LATTS), Jérémy Bouillet (EDF R&D)

Années de participation : 2025-auj.

Statut : Post-doctorante.

Résumé : Le projet SOBREPOL ambitionne d’analyser les ressorts d’une politique de réduction des consommations énergétiques à partir de 2022 qui, si elle ne répond pas aux définitions les plus ambitieuses de la sobriété, constitue un moment inédit pour l’analyse empirique. Son originalité réside dans l’articulation d’une conception large de l’espace public (à travers ses arènes médiatiques mais également politiques) avec une sociologie des pratiques pour laquelle des points de comparaison temporelle existent déjà1 et une sociologie des problèmes publics attentives aux (re)cadrages des problèmes et des solutions, aux acteurs considérés comme responsables et/ou propriétaires des problèmes 2, aux arènes ainsi qu’aux modalités d’élaboration des politiques publiques. Le lot 2 « Trajectoire de la sobriété dans l’espace public : comprendre la construction de la sobriété par l’évolution des cadrages médiatiques, des récits publics et des dimensions programmatiques partisanes » porte sur l’identification de la trajectoire de publicisation et de médiatisation du problème public constitué par les questions de sobriété, discuté et mis en forme dans l’espace public dans les arènes médiatiques, partisanes ou en termes de controverse portée par des acteurs.

Contributions au projet : Mes missions visent à créer un corpus de textes et élaborer son traitement avec des outils d’analyse textuelle, en dialogue avec les autres lots du projet. Mes activités principales : réalisation d’un double état de l’art, méthodologique et sur le thème de l’étude, élaboration de plusieurs corpus textuels (discours médiatique, programmes politiques des partis français, discours de figures expertes), conception d’une chaine de traitement en analyse textuelle, documentée et reproductible, visant à documenter l’évolution du lexique, du cadrage, et des arguments associés à la sobriété énergétique sur plus de vingt ans et dans différentes arènes, analyse, participation à la rédaction du rapport de cette recherche, travail en équipe, valorisation de la recherche.

No(u)s mèmes, Université Paris Nanterre, EUR ArTeC.

Co-porteurs du projet : Fabrizio Defilippi (Université Paris Nanterre-Dicen), Irene De Togni (Université Paris Nanterre-Dicen), Lucas Fritz (Université Paris Nanterre-Dicen), Adrien Péquignot (Université Paris 8- Cemti), Gabriele Stera (Université Paris 8- FabLitt).

Années de participation : 2022-auj.

Statut : Doctorante.

Résumé : Avec l’essor des réseaux sociaux numériques, nous assistons depuis quelques années à la prolifération de « mèmes », formes humoristiques constituées d’images fixes ou animées, et souvent associées à un texte court. Entre divertissement, politique et critique sociale, les mèmes permettent de véhiculer des messages parfois complexes, en créant, par le biais de l’ironie, des liens (éphémères ou durables) entre les usagers. Souvent pris dans des logiques de viralité, les mèmes vivent des transformations multiples et inattendues au cours du temps. Le projet naît dans le contexte de l’organisation d’une journée d’études « No(u)s mèmes » qui a eu lieu le 14 octobre 2022 au CNAM à Paris. Cette journée d’étude, organisée avec le soutien de l’EUR ArTeC, aborde les mèmes en tant que nouvelles formes d’écriture du « soi » et du « nous ». Étudier « nos » mèmes signifierait, alors, comprendre quelque chose de « nous-mêmes », de nos pratiques, en ligne et hors ligne, de nos imaginaires et de nos liens cognitivo-affectifs, entre expression intime et renouvellement de l’« horizon de sens » collectif. La co-direction du numéro #12 de la revue Hybrid intitulé « No(u)s mèmes. Vies et vitalités des mèmes en milieu socio-numérique » s’inscrit dans la continuité des thématiques développées lors de la journée d’étude. Le projet comprend également des missions ponctuelles de médiation scientifique telles que l’organisation d’ateliers invitant à la réflexion autour des mèmes lors de la Fête de la Science 2023 à l’Université Paris Nanterre en collaboration avec des artistes.

Contributions au projet : Je fais partie de l’équipe de doctorants co-porteurs du projet. J’ai participé à l’idéation, au développement de la problématique ainsi qu’aux choix des terrains et des méthodes d’analyse. J’ai notamment pris une part importante dans l’organisation de la journée d’études « No(u)s mèmes » et à la valorisation médiatique de la journée ainsi que dans la rproposition des ateliers. Je fais également partie du comité éditorial du numéro #12 et #13 de la revue Hybrid.

Généricité des plateformes et littératie numérique, DICEN-IdF, Université Paris Nanterre

Porteur du projet : Irene De Togni (DICEN-IdF), Cécile Payeur (DICEN-IdF)

Années de participation : 2021-2023.

Statut : Doctorante.

Résumé : Le projet vise à étudier les sujets de l’écriture numérique, des genre et génération textuelle et logicielle et de la littératie numérique. Avec l’émergence du phénomène de plateformisation dans le domaine de la culture se pose la question de l’implication de l’utilisateur dans la production de savoir et des processus de capacitation générés par sa participation. À travers une analyse sur plusieurs niveaux de l’écriture numérique, ces travaux interrogent les dynamiques de proposition de formes génériques et les pratiques de réinvestissement plus ou moins transformatif de ces formes dans une perspective où la participation des utilisateurs ainsi outillée s’étend, via leur activité de consommation et production de texte et d’interprétation des formes génériques proposées, au design des plateformes. Les travaux s’appuient, d’un côté, sur une activité d’enseignement et de suivi de projets étudiant.e.s de conception et de développement de plateformes et, de l’autre, sur une activité de recherche finalisée à la publication et à la communication scientifiques autour de thèmes de littératie et rhétorique numériques.

Contributions au projet : Je suis à l’origine du projet avec Cécile Payeur, j’ai participé aux activités de recherche et d’enseignement au sein du projet.

ANR Collabora, DICEN-IdF, Université Paris Nanterre.

Porteur du projet : Marta Severo (Paris Nanterre).

Années de participation : 2019-2023.

Statut : Doctorante.

Résumé : Ces dernières années, le développement des technologies numériques a donné un nouvel essor à la figure de l’amateur. Le web, d’abord avec les blogs et ensuite avec les réseaux sociaux et les plateformes collaboratives, a offert de nouveaux espaces dans lesquels le pro-amateur peut trouver un terrain ouvert et démocratique où il peut s’exprimer et obtenir une reconnaissance aux côtés de l’expert officiellement chargé de la construction de la connaissance. Le projet COLLABORA vise à développer une réflexion théorique, empirique et politique au sujet de ces nouvelles plateformes numériques contributives de création, documentation et valorisation des cultures et des patrimoines. Pour ce faire, le projet poursuit trois objectifs dans son étude : un objectif théorique (épistémologie des plateformes) ; un objectif empirique (usages des plateformes) ; un troisième objectif politique (plateformes en action). Du point de vue théorique, en interrogeant les modèles épistémiques et politiques de ces plateformes, entre sciences participatives et pratiques amateur, ce projet a l’ambition de proposer une nouvelle approche privilégiant la relation entre amateurs et institutions et l’analyse des plateformes en tant que « cadre frontière » commun aux différents acteurs qu’y agissent. A partir de ce cadre théorique et de l’analyse des usages des plateformes existantes, ce projet prévoit comme étape ultime la co-création de recommandations et leur validation à travers la co-création d’une plateforme, en engageant dans cette démarche les principaux acteurs du projet : les institutions, les amateurs, les chercheurs et les ingénieurs.

Contributions au projet : Tout au long de mon contrat doctoral j’ai participé de manière active aux réunions et aux événements scientifiques au sein du projet. J’ai participé notamment à la constitution d’un corpus pour la sélection de cas d’étude dans la première phase du projet notamment via l’alimentation de l’observatoire des plateformes contributives culturelles et à la mise en oeuvre de protocoles de recherche comportant notamment des enquêtes quantitatives à travers de questionnaires. J’ai, en plus, contribué à l’étude d’un nombre de cas de plateformes contributives culturelles au sein de mon travail de thèse et via la production de publications ou de communications scientifiques rattachées au projet.

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Je suis toujours ouverte à l’échange et à la collaboration autour de mes projets.

Mon bureau se trouve au LATTS – Bâtiment Bienvenüe (Ecole des ponts et chaussées) 14/20 Boulevard Newton – Plot C, 2e étage Cité Descartes, Champs-sur-Marne 77447 Marne-la-Vallée Cedex 2.

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